Publié le 19 janvier 2022
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Le bilan partagé de médication (BPM) permet aux pharmaciens d’officine de s’engager dans le suivi et l’accompagnement des personnes âgées polymédiquées.[1] Cet article vous propose de découvrir comment se déroule la mise en œuvre opérationnelle de ce dispositif d’accompagnement.[2]

 

Qu’est-ce qu’un bilan partagé de médication ?

Le bilan partagé de médication permet au pharmacien de contribuer par ses conseils à la bonne observance des traitements et d’agir auprès des patients en prévention des risques lié à la polymédication[1]. Ses modalités de mise en œuvre ont été définies en 2018.

Ce bilan a différents objectifs [3] :

  • Réduire les risques d’effets indésirables liés aux médicaments (EIM) encore appelée iatrogénie médicamenteuse [1],[3] 
  • Apporter des réponses aux interrogations du patient concernant ses traitements
  • Améliorer l’observance thérapeutique.

Il s’inscrit dans un parcours de soins destiné à prévenir les effets indésirables liés aux médicaments et de leurs conséquences.[3]

 

Qui peut en bénéficier ?

Ce bilan s’adresse à tous les patients de plus de 65 ans polymédiqués ayant au moins 5 molécules ou principes actifs prescrits, pour une durée consécutive de traitement supérieure ou égale à 6 mois.[4] :

Chez les patients de plus de 75 ans, il existe d’autres facteurs du risque iatrogénique à prendre en compte. Ils sont indépendants du nombre de molécule prescrite simultanément. Il s’agit de :

  • Un retour d’hospitalisation récent, dans le mois.[3]
  • Un antécédent d’effets indésirables de médicament grave [3] (un effet indésirable de médicament grave concerne un effet indésirable nécessitant en plus de l’arrêt du médicament des soins supplémentaires)
  • La prise d’un médicament à risque d’effets indésirables de médicament grave tels que les anticoagulants, antihypertenseurs ou déconseillés chez les personnes âgées.

 

Comment se déroule-t-il ?

Les patients qui, sur proposition de leur pharmacien, souhaitent bénéficier du bilan partagé de médication doivent remplir un formulaire d’adhésion. Le bilan partagé de médication s’articule autour de 4 étapes [2] :

  1. Un entretien de recueil des informations : [2]

Au cours de cet entretien, le pharmacien explique les objectifs et l’intérêt du bilan. Il précise que ce dernier se fait dans le cadre de l’amélioration de la prise en charge du patient et en lien avec son médecin traitant. Ensemble, pharmacien et patient procèdent au recensement de l’ensemble des traitements prescrits ou non.

  1. L’analyse des traitements prescrits ou non du patient

Cette analyse est réalisée à la suite de l’entretien de recueil et à partir de l’ensemble des traitements recensés. Elle s’effectue en dehors de la présence du patient. Le pharmacien effectue ses conclusions et ses recommandations et les transmet aux divers prescripteurs (médecin traitant et autres) en privilégiant la messagerie sécurisée de santé aux fins d’obtenir l’avis de ces derniers sur les recommandations susceptibles d’impacter leurs prescriptions, l’objectif étant de faciliter l’échange entre le pharmacien et les prescripteurs. Si le patient a ouvert un Dossier Médical Partagé (DMP) et que ce dernier est accessible, les recommandations du BPM devront y être intégrées.

  1. Un entretien « conseil »[2]

Lors de cet entretien, le pharmacien fait part au patient des conclusions de son analyse et de l’échange intervenu avec son ou ses prescripteurs. Cet entretien est assorti de conseils adaptés en termes de prise des traitements et de bon usage des médicaments, notamment. Le patient doit être incité à consulter son ou ses prescripteurs lorsque l’adaptation des traitements est validée par ces derniers.

  1. Des entretiens de suivi de l’observance des traitements

Ces entretiens sont au nombre minimum de deux pas an.

Le bilan partagé de médication n’est donc pas un rendez-vous isolé. Au contraire, il s’inscrit dans un processus continu d’amélioration de la prise en charge des patients concernés [2]. Par ailleurs, pour les patients très âgés ou fragiles ou avec des troubles cognitifs, comportementaux, ou de l’humeur, les entretiens de recueil information et d’analyse de l’observance peuvent être effectués avec les proches. [3]

 

 

PO 8718-03/2021

Références :

  1. L’Assurance Maladie. Accompagnement pharmaceutique des patients chroniques. Janvier 2021. Accessible sur https://www.ameli.fr/hauts-de-seine/pharmacien/exercice-professionnel/services-patients/accompagnement-patients-chroniques. Consulté le 15.03.21
  2. L’Assurance maladie. Avenants à la convention nationale. 15 mars 2021. Accessible sur https://www.ameli.fr/hauts-de-seine/pharmacien/textes-reference/textes-conventionnels/avenants#text_49600. Consulté le 15.03.21
  3. Journal Officiel de la république Française. 4 février 2020. Avis relatif à l’avenant no 19 à la convention nationale du 4 avril 2012 organisant les rapports entre les pharmaciens titulaires d’officine et l’assurance maladie.
  4. Assurance maladie – Patients âgés polymédiqués, Bilan Partagé de Médication – DISPOSITIF D’ACCOMPAGNEMENT PAR LE PHARMACIEN – Bulletin d’adhésion et de désignation du pharmacien.

 


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