Publié le 17 janvier 2022
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L’observance thérapeutique est définie comme le degré de concordance entre le comportement d’un patient et les recommandations de son thérapeute. L’observance concerne les actes, les traitements prescrits mais aussi les comportements des personnes impliquées [1]. Il existe plusieurs pistes qui permettent d’améliorer l’observance et notamment la santé connectée [2]. Nous faisons le point dans cet article sur les types de services et outils mis à disposition des patients pour les accompagner dans la prise de leur traitement ou dans la mise en place des recommandations de leur médecin.

 

Aujourd’hui 50% des personnes, soit un patient sur deux ne suivraient pas correctement son traitement.[1] Il peut s’agir d’une posologie non respectée, d’un arrêt prématuré du traitement, de prises non régulières ou encore d’une prescription non renouvelée. [1] Les raisons sont souvent simples comme un oubli, des difficultés matérielles ou pratiques ou encore des problèmes d’intolérance …[3] En France, la non-observance a un coût estimé à 2 milliards d’euros par an, on évalue les journées d’hospitalisation induites par ce comportement à 1 million et les décès à 8000.[3] En outre, ce comportement peut être responsable de complications graves et coûteuses. A titre d’exemple, on peut citer la cécité ou les amputations dans le cas du diabète. [3] 

 

 

Des solutions de e-santé variées

Face aux problèmes d’oubli ou de contraintes (30% des problèmes de non-observance sont dus à l’oubli)[3], les outils digitaux et connectés sont de bons supports pour aider au maintien d’une bonne observance. Aujourd’hui de nombreux industriels du médicament et acteurs du numérique ont mis au point différents dispositifs pour faciliter et améliorer l’observance.[1]

  1. Les dispositifs d’accompagnements et de rappel

Aujourd’hui, de simples rappels réguliers ont montré leur efficacité pour améliorer l’observance. Les solutions actuelles sont nombreuses, il peut s’agir simplement de rappels par SMS, d’hotlines ou de programmes de motivation plus complets [1],[3]. Dans l’hypertension artérielle, l’étude anglaise INTERACT a montré qu’un programme d’accompagnement par SMS a permis de réduire de moitié la mauvaise observance[2]. Votre médecin ou pharmacien peuvent vous renseigner sur les différents dispositifs existants, n’hésitez pas à leur demander conseil.

  1. Les applications mobiles d’aide au suivi du traitement

Il existe différentes applications disponibles pour les patients, elles peuvent être généralistes ou dédiées à une pathologie spécifique. Ces applications peuvent coupler différents services tels que des fonctions de rappels, l’intégration automatique aux agendas électroniques des patients, enregistrement d’informations le concernant et qui décrivent le contexte de la prise du traitement.

Dans le cas du diabète, il existe des applications qui permettent de rappeler au patient de mesurer sa glycémie deux heures après le repas[4].

Dans le cas de services plus généralistes, le panel des services et fonctionnalités proposés par l’application peut être très large.

  1. Les objets connectés

Le conditionnement des médicaments peut lui-même être connecté

  • Les piluliers connectés permettent de planifier son traitement et de vérifier la prise selon l’ordonnance. Une fois encore différentes solutions existent. Les fonctions principales permettent de vérifier si le traitement a été pris et en cas d’oubli d’alerter le patient ou un proche soit par rappel sonore, sms, mail ou notification sur tablette…[3]. Certains piluliers électroniques sont couplés à un service avertissant le pharmacien en cas de non ouverture du boitier.[4]
  • Les lecteurs de glycémie couplés à une application, ces dispositifs permettent de rappeler aux diabétiques de mesurer leur glycémie deux heures après leur repas. Cette mesure constitue un « témoin » objectif autour duquel un échange constructif médecin/patient peut s’initier.[4]
  • Les inhalateurs connectés, encore appelés smart inhaleurs conçus par les industriels du médicament en partenariat avec des start-up ou par des sociétés indépendantes, et sont actuellement utilisés dans le traitement de pathologies telles que l’asthme ou la Bronchopneumopathie Chronique Obstructive.[4]

La santé mobile (mHealth) fait aujourd’hui l’objet d’un référentiel de bonnes pratiques sur les applications et les objets connectés en santé édité par la Haute Autorité de santé[5]. La revue de la littérature intégrée dans ce référentiel fait état de l’intérêt montré par la santé mobile dans le champ de l’observance.[5]

L’e-santé offre la possibilité de suivre l’observance des patients à leur traitement, même si de nombreuses questions peuvent être soulevées (autonomie du patient, culpabilisation face à la non-observance, surveillance, etc).

PO 8616 – 02/2021

  1. Leem. Les 100 questions O64. 2015. Disponible sur https://www.leem.org/sites/default/files/2018-02/Leem_100Questions.pdf. Consulté le 04/02/21
  2. Emmanuel sorbets. Santé connectée et observance médicamenteuse. La presse Médicale. 2016.
  3. Fondation Concorde. Livre Blanc. L’OBSERVANCE DES TRAITEMENTS : UN DÉFI AUX POLITIQUES DE SANTÉ. 2014
  4. Postel-Vinay N. et al. Observance et nouvelles technologies : un nouveau regard sur une thématique ancienne. médecine/sciences 2018 ; 34 : 723-9
  5. Haute autorité de santé. Référentiels de bonne pratique sur les applications et les objets connectés en santé. Octobre 2016
  6. ORS Ile de France. E-santé : décryptage des pratiques et des enjeux. Mai 2019


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