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Mieux connaître les maladies auto-immunes
Alors qu’il est censé nous protéger contre les agents pathogènes (virus, bactéries...), notre système immunitaire peut parfois se déréguler et s’attaquer aux constituants normaux de l’organisme1. C’est le cas dans les maladies auto-immunes.
Qu’est-ce qu’on appelle maladie auto-immune ?
Une maladie auto-immune est caractérisée par un dysfonctionnement du système immunitaire de l’organisme, entraînant l’attaque par l’organisme de ses propres tissus2.
C’est une maladie inflammatoire chronique qui peut toucher différents organes (ou système), comme la peau, les articulations, le rein, le cœur, le cerveau3…
On distingue :
les maladies auto-immunes dites « spécifiques d’organe » qui vont se définir par l’atteinte d’un seul organe.
les maladies auto-immunes dites « non spécifiques d’organe », qui vont se définir par une atteinte de différents organes3.
Maladie auto-immune : quels sont les facteurs en cause4 ?
L’origine des maladies auto-immunes reste mal connue. Une association de plusieurs facteurs environnementaux, hormonaux, génétiques, médicamenteux, infectieux et psychologiques est fort probable. La responsabilité respective de chaque facteur dans la survenue d’une maladie auto immune n’est pas connue et va dépendre du type de maladie auto immune sous-jacente. On parle de maladie d’origine multifactorielle.
Facteurs génétiques
La survenue d’une maladie auto-immune est en partie liée à une prédisposition génétique. Cette prédisposition génétique explique environ 30 % de la cause de la maladie.
Facteurs hormonaux
Il existe une relation entre les hormones sexuelles et la réponse immunitaire. L’action des hormones sur l’activité de la maladie auto-immune est variable selon les maladies.
Facteurs infectieux
- Des facteurs infectieux sont de plus en plus incriminés. Mais la relation directe entre une infection et la survenue d’une maladie auto-immune n’est pas établie.
Facteurs environnementaux
Certains facteurs d’environnement, comme les agents infectieux semblent favoriser les réactions inflammatoires, la survenue de maladie auto-immunes, voire la réponse aux traitements.
Facteurs médicamenteux
- Certains médicaments peuvent favoriser certaines maladies auto immunes, et en particulier, le lupus.
Facteurs psychologiques
Dans 20 à 30 % des cas, on constate que la maladie auto immune s’est déclenchée après un événement marquant, « stressant » tel qu’un traumatisme physique ou psychique (deuil, séparation, accouchement, intervention chirurgicale, etc.).
Le saviez-vous ?
De nombreuses maladies auto-immunes sont plus fréquentes chez les femmes2.
Comment surviennent les réactions auto-immunes2 ?
Les réactions auto-immunes peuvent être déclenchées de différentes façons :
Une substance corporelle normale est altérée, par exemple, sous l’effet d’un virus, de la prise de médicaments, de la lumière solaire ou des radiations. La substance altérée peut alors être considérée comme étrangère par le système immunitaire.
Une substance étrangère qui ressemble à une substance normale de l’organisme peut y pénétrer. Le système immunitaire peut cibler par inadvertance la substance corporelle similaire en même temps que la substance étrangère.
Les cellules qui contrôlent la production d’anticorps, par exemple, les lymphocytes B (un type de globules blancs), peuvent mal fonctionner et produire des anticorps anormaux qui attaquent certaines cellules de l’organisme.
Les lymphocytes T, un autre type de globules blancs impliqués dans la réponse immunitaire, peuvent également mal fonctionner et endommager les cellules de l’organisme.
Une substance normalement confinée dans une région spécifique de l’organisme (et donc cachée pour le système immunitaire) est libérée dans la circulation.
Quels sont les symptômes des maladies auto-immunes2 ?
Les symptômes varient en fonction de la maladie et de la partie de l’organisme affectée.
Certaines maladies auto-immunes affectent certains types de tissus de l’organisme, par exemple, les vaisseaux sanguins, les cartilages ou la peau. D’autres maladies auto-immunes touchent un organe particulier. Pratiquement n’importe quel organe peut être affecté, y compris les reins, les poumons, le cœur ou le cerveau.
L’inflammation et les lésions tissulaires qui en résultent peuvent provoquer des douleurs, des déformations articulaires, une faiblesse, un ictère, des démangeaisons, une difficulté respiratoire, une accumulation de liquide (œdème), un délire, voire la mort.
Comment diagnostique-t-on les maladies auto-immunes1 ?
Étant donné que l’inflammation peut avoir de nombreuses causes (souvent différentes d’une maladie auto-immune), les médecins réalisent également souvent des analyses de sang en vue de détecter les différents anticorps qui peuvent être présents chez les personnes atteintes d’une maladie auto-immune particulière. Cependant, même ces anticorps sont parfois présents chez des personnes ne souffrant pas de maladie auto-immune, ils associent généralement les résultats des examens et les symptômes de la personne pour déterminer si une maladie auto-immune est présente.
Maladies auto-immunes : quelles prises en charge ?
Dans les maladies auto-immunes, la prise en charge est souvent pluridisciplinaire, avec différents spécialistes selon les organes atteints, et d’autres professionnels de santé : médecin traitant, pharmacien, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, diététiciens, infirmiers, psychologues… La prise en charge des maladies auto-immunes comprend les traitements médicamenteux et non médicamenteux5.
Les traitements médicamenteux
Il n’existe pas de traitement qui permette de guérir d’une maladie auto-immune. Les traitements actuellement disponibles vont uniquement permettre de corriger les désordres engendrés par les processus immunitaires. Ils permettent le plus souvent de rétablir un fonctionnement le plus normal possible et d’obtenir la rémission des symptômes.
Il faut toutefois noter que l’on manque de traitements efficaces dans plusieurs maladies auto-immunes systémiques, comme le syndrome de Gougerot Sjögren ou la sclérodermie systémique1.
Des traitements symptomatiques sont prescrits pour soulager les manifestations de la maladie : antalgiques contre la douleur, anti-inflammatoires contre la gêne fonctionnelle articulaire, médicaments substitutifs permettant de normaliser les troubles endocriniens.
Des médicaments qui permettent de contrôler ou d’inhiber l’auto-immunité offrent aussi un moyen de limiter les symptômes et la progression des lésions tissulaires. Mais la maladie restera chronique et il est rare que le traitement puisse être arrêté de façon prolongée1.
La place des traitements non médicamenteux
En dehors des poussées inflammatoires une activité physique régulière est importante pour éviter l’affaiblissement des muscles, l’enraidissement des articulations, réduire un handicap (cutanée, articulaire, pulmonaire…), lutter contre la fatigue et garder une bonne forme physique. La place de la kinésithérapie et des ergothérapeutes dans la prise en charge des maladies auto-immunes est importante5.
Un soutien psychologique est parfois nécessaire pour apprendre à vivre avec la maladie et gérer un stress qui peut favoriser les poussées des maladies auto-immunes5.
Quelques maladies auto-immunes
Il existe de nombreuses maladies auto-immunes. On compte parmi les maladies auto-immunes les plus fréquentes :
Diabète de type 1
Lupus érythémateux systémique (lupus)
Maladie de Graves-Basedow
Polyarthrite rhumatoïde
Sclérose systémique
Syndrome de Sjögren
Thyroïdite d’Hashimoto
Vascularite
L'essentiel à retenir
Une maladie auto-immune est caractérisée par un dysfonctionnement du système immunitaire de l’organisme, entraînant l’attaque par l’organisme de ses propres tissus.
L’origine des maladies auto-immunes reste mal connue. Une association de plusieurs facteurs environnementaux, hormonaux, génétiques, médicamenteux, infectieux et psychologiques est fort probable. On parle de maladie d’origine multifactorielle.
Les symptômes varient en fonction de la maladie et de la partie de l’organisme affectée. Certaines maladies auto-immunes affectent certains types de tissus de l’organisme, par exemple, les vaisseaux sanguins, les cartilages ou la peau. D’autres maladies auto-immunes touchent un organe particulier.
Les médecins associent généralement les résultats des examens et les symptômes de la personne pour déterminer si une maladie auto-immune est présente.
Dans les maladies auto-immunes, la prise en charge est souvent pluridisciplinaire, avec différents spécialistes selon les organes atteints, et d’autres professionnels de santé : médecin traitant, pharmacien, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, diététiciens, infirmiers, psychologues… La prise en charge des maladies auto-immunes comprend les traitements médicamenteux et non médicamenteux5.