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AVC : comment on le reconnaît, qu’est-ce qu’on fait ?
Un accident vasculaire cérébral communément appelé « attaque cérébrale », est une perte soudaine d'une ou plusieurs fonctions du cerveau1. Chaque année en France, 1 nouveaux cas d’AVC survient toutes les 4 mn2. Apprenez à identifier un AVC pour intervenir.
Un AVC, qu’est-ce que c’est ?
Un accident vasculaire cérébral (AVC) survient lorsque la circulation sanguine vers le cerveau ou dans le cerveau est interrompue par l’obstruction ou la rupture d’un vaisseau sanguin, entrainant une lésion cérébrale. Il est l’une des 1ère causes de décès de l’adulte, la 1re cause chez les femmes3.
Il existe des AVC ischémiques et des AVC hémorragiques1.
L’AVC ischémique
L’AVC ischémique, ou infarctus cérébral, le plus fréquent (85% des cas). L’artère est bouchée par un caillot de sang, soit dans une artère rétrécie avec rupture de plaque riche en cholestérol (athérosclérose), soit provenant d’un autre endroit et venant obstruer l’artère : il s’agit alors d’une embolie cérébrale3.
Quand un vaisseau cérébral se bouche, la partie du système nerveux qu’il irrigue ne reçoit brutalement plus l’oxygène et le glucose indispensables à son fonctionnement et sa survie. Quand l’arrêt du flux sanguin est durable (au-delà de quelques minutes à quelques heures) la partie du cerveau qui n’est plus irriguée subit des lésions irréversibles avec mort cellulaire: l’infarctus cérébral.
Dans les premières heures qui suivent l’occlusion artérielle la taille de l’infarctus s’élargit progressivement d’où l’extrême urgence du traitement: il faut déboucher l’artère le plus rapidement possible, chaque minute compte.
Il arrive que le flux sanguin se rétablisse spontanément rapidement on parle d’accident ischémique transitoire (AIT)2.
L’AVC hémorragique
L’AVC hémorragique, avec la rupture d’un vaisseau sanguin du cerveau (15% des cas). Différentes causes d’AVC hémorragique existent : une rupture d’anévrisme, une poussée d’hypertension artérielle, des troubles de la coagulation, parfois une tumeur cérébrale3.
L’artère se rompt et entraîne la formation d’un hématome, collection sanguine qui comprime les structures cérébrales voisines et les empêche de fonctionner correctement, voire les détruit2.
Le saviez-vous ?
Les AVC sont d’autant plus fréquents que l’âge augmente mais 25 % des personnes atteintes ont moins de 65 ans2.
Quels sont les symptomes d'un accident vasculaire cérébral ?
Les symptômes de l’accident vasculaire cérébral peuvent être variés, dépendant de la zone du cerveau atteinte et de l’étendue de la lésion. Ils sont d’apparition brutale4.
Bon à savoir
À la grande différence de l’infarctus cardiaque, l’AVC n’est pas douloureux2.
L’AVC peut entraîner d’une minute à l’autre :
une paralysie, une faiblesse ou une perte de sensation d’une joue, d’un bras, d’une jambe, ou de toute la moitié du corps,
un trouble du langage, impossibilité de trouver les bons mots ou de comprendre ce qu’on dit,
un trouble de la vision, d’une partie du champ visuel ou d’un œil,
une maladresse d’un membre, ou des troubles de l’équilibre, ou des céphalées intenses brutales inhabituelles, peuvent aussi accompagner les symptômes ci-dessus2.
Les symptômes qui peuvent révéler un accident vasculaire cérébral doivent être connus de tous. Pour soi, et pour les autres. En effet le sujet victime d’AVC peut ne pas être en mesure d’agir ou même de reconnaître ce qui lui arrive. Or l’alerte doit être donnée immédiatement pour permettre un traitement en urgence2.
Le cas des AIT (Accident Ischémique Transitoire)
Dans certains cas les symptômes alarmants régressent spontanément en quelques minutes ou dizaines de minutes : on parle alors d’AIT. Les AIT sont une alerte aussi urgente que les AVC, car ils précédent souvent la survenue d’un AVC dans les heures qui suivent: ils imposent un bilan rapide pour éviter l’infarctus irréversible2.
Agir au plus vite en cas d’alerte
Au moindre doute, devant des signes évoquant un accident vasculaire cérébral, le moyen de diminuer le délai de prise en charge est d'appeler directement le 15 ou le 112 (numéro d'urgence européen) depuis un téléphone fixe ou d'un téléphone mobile (même bloqué ou sans crédit)1.
Les chances de survie et la récupération fonctionnelle après un AVC dépendent de la rapidité d'intervention. Un accident vasculaire cérébral doit être pris en charge moins de trois heures après l'apparition des premiers symptômes. Cette prise en charge rapide permet d'espérer une récupération du fonctionnement de la zone atteinte et une réduction du handicap1.
Cet appel va permettre, si l'état le nécessite, d'acheminer rapidement le malade à l'hôpital, si possible vers une unité spécialisée et d'organiser la prise en charge adaptée. Plus vite le traitement sera mis en place, moins les séquelles de l'accident vasculaire seront importantes1.
VITE : un moyen mnémotechnique pour identifier un AVC et réagir1
Retenez bien cette formule :
V comme Visage paralysé
I comme Impossible de bouger un membre
T comme Trouble de la parole
E comme Éviter le pire en composant le 15
Les gestes utiles avant l'arrivée des secours1
Il est important de veiller au confort de la personne :
aidez-la à s’asseoir ou à s’allonger. Si la personne a des troubles de la conscience, mettez-la en position latérale de sécurité,
notez l'heure de survenue des premiers signes de l'AVC. Ce détail est important pour les traitements à venir,
regroupez si possible les ordonnances et les derniers examens de sang réalisés,
ne faites pas boire, ni manger la personne,
ne lui donnez aucun médicament oral ou en injection même s'il s'agit d'un traitement habituel,
dites-lui que les secours sont en route afin de la calmer et de la rassurer.
A retenir
Reconnaître les premiers symptômes d'AVC et réagir immédiatement en appelant le centre 15 ou le 112 permet d'améliorer considérablement les chances de survie et de rétablissement. Un traitement efficace doit être mis en route le plus rapidement possible5.
AVC : quelle prise en charge2 ?
La prise en charge du patient victime d’AVC est une véritable course contre la montre. Il faut l’accueillir, évaluer ses fonctions vitales, l’examiner, lui faire des prises de sang, puis une imagerie (scanner ou IRM) pour déterminer s’il s’agit d’un infarctus ou d’un hématome. Toutes ces étapes doivent être effectuées dans un temps le plus bref possible, pour raccourcir au maximum le délai d’administration du traitement.
Les décisions thérapeutiques sont prises immédiatement après l’imagerie. S’il s’agit d’un infarctus, un traitement visant à déboucher l’artère sera réalisé en urgence, par perfusion intraveineuse (thrombolyse) ou par procédé mécanique (thrombectomie). Plus le traitement est réalisé tôt, plus il a de chances d’être efficace.
AVC : les complications et séquelles5
Dans la suite d'un accident vasculaire cérébral, la récupération peut être totale en 3 à 6 mois.
La principale complication est la survenue d'un nouvel accident vasculaire cérébral.
Le plus souvent des séquelles d'AVC de gravité variable persistent. Tout dépend du type d'accident vasculaire cérébral, de sa localisation et de l'étendue des lésions. La rapidité de la prise en charge médicale et la rééducation sont aussi très importantes.
Les séquelles d'un accident vasculaire cérébral peuvent être multiples :
Séquelles motrices d'un AVC
Les séquelles motrices sont fréquentes : une paralysie ou une faiblesse d'un côté du corps, d'un bras ; une paralysie faciale centrale ; des tremblements et mouvements anormaux.
Troubles des sens et de la compréhension et séquelles psychologiques
Ces troubles perturbent beaucoup la vie quotidienne : troubles de la parole, de l'écriture ou de la compréhension orale, problèmes de vision, incapacité à reconnaître ou à utiliser des objets familiers, difficulté à apprendre et à mémoriser une information nouvelle, épilepsie, troubles de l'humeur : dépression, anxiété.
Perte de l'autonomie
L'ensemble des séquelles peut aboutir à une perte d'autonomie à laquelle peuvent s'ajouter une fatigue, une somnolence dans la journée, des troubles de la continence urinaire.
Idée reçue : il n’y a rien à faire pour limiter les risques d’AVC2
FAUX Il y a des facteurs modifiables, que l’on peut éviter ou corriger. Les principaux facteurs de risque modifiables sont l’hypertension artérielle, la consommation de tabac ou de cannabis, le diabète, l’hypercholestérolémie, l’obésité et l’absence d’exercice physique, les troubles du rythme cardiaque. Traiter ses facteurs de risque si ils sont identifiés permet d’éviter de faire un AVC. En se dépistant de ses facteurs de risque tout au long de sa vie, on diminue son risque d’AVC.
À noter :
il existe des facteurs de risque non modifiables comme l’âge, le sexe masculin, les antécédents personnels et familiaux de maladie cardio ou neurovasculaire.
L'essentiel à retenir
Qu’est-ce qui cause un AVC2 ?
Un AVC, ou « attaque cérébrale » est un événement aigu dû soit à l’oblitération d’un vaisseau sanguin (une artère le plus souvent, on parle alors d’accident ischémique cérébral ou infarctus), soit, plus rarement, à un vaisseau qui se rompt (entraînant un accident hémorragique cérébral).
Qu’est-ce qui différencie un Accident Ischémique Transitoire (AIT) d’un AVC3 ?
Dans l’AIT, l’obstruction de l’artère cérébrale se résorbe d’elle-même et ne provoque pas de séquelle. Les symptômes sont les mêmes que l’AVC, durent quelques minutes à une heure, avant retour spontané à la normale.
Quels sont les symptômes d’un AVC1 ?
Lorsqu'un accident vasculaire cérébral survient, un ou plusieurs symptômes apparaissent de façon brutale :
• une déformation de la bouche,
• une faiblesse ou un engourdissement soudain d'un seul côté du visage : impossibilité de sourire, la lèvre est tombante d'un côté ;
• une perte de force ou un engourdissement du bras ou d'une jambe ;
• une difficulté d'élocution ou de compréhension.
Que faire si on est témoin d’un AVC4 ?
Appelez immédiatement le SAMU, faites le 15. Même si vous avez un doute, même si les signes disparaissent spontanément : « AVC, agir vite c’est important ».
Sources
1 - AMELI.FR - AVC : que faire – 26-02-2025 -Lien de la page – Consulté le 18-11-2025 | 2 - Fédération Française de neurologie - Lien de la page | 3 - sante.gouv.fr Qu’est-ce que l’AVC ? – Lien de la page | 4 - Sante.gouv.frLes signes de l’AVC 10.09.24 – Lien de la page | 5 - AMELI.FR AVC et AIT : symptômes, diagnostic et évolution – Lien de la page - 05 novembre 2025
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