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Automédication : une solution pour soulager les maux du quotidien ?

Mal de tête, rhume, toux… Pour soulager ces maux du quotidien il faut parfois se tourner vers son pharmacien

Flacon avec gelules
Publié le : 09-01-2024

SOMMAIRE  
L'automédication : une pratique en augmentation à utiliser avec précaution
Automédication : quels médicaments, quels risques ? 
Les limites de l'automédication 
Les bonnes pratiques pour une automédication responsable 

L'automédication : une pratique en augmentation à utiliser avec précaution

Qu'est-ce que l'automédication ?2  

Un petit mal du quotidien, que nous jugeons bénin ? Un de nos premiers réflexes n’est-il pas de souhaiter le soulager au plus vite, par nous-mêmes, sans consultation médicale ?
Ainsi, lorsqu’on ressent un symptôme léger, nous avons tendance à souhaiter l'atténuer au plus vite, grâce à un médicament déjà présent dans notre armoire à pharmacie ou à aller acheter un médicament sans ordonnance, en pharmacie.  
Cette pratique n’est pourtant pas sans risque. Elle porte un nom bien connu : l’automédication

À RETENIR

QU’EST-CE QUE L'AUTOMÉDICATION ?2

L’automédication est la prise d’un ou plusieurs médicaments, consommés ensemble ou séparément par une personne, sur sa propre initiative.
L’automédication s’effectue donc sans avis médical et notamment, sans le conseil d’un pharmacien. Elle peut être le fait :

  • d’acheter un médicament sans ordonnance en pharmacie et de se l’auto-administrer.
  • de consommer un « ancien médicament » présent dans la pharmacie domestique. 

L’automédication désigne ainsi l’action de prendre un ou plusieurs médicaments, sans recourir à un avis médical.

Dans l'étude Ifop réalisée pour Biogaran en 2023, 88% des répondants affirment avoir déjà acheté des médicaments OTC en 2022 (contre 58%, en 2002)1

etude-biogaran

Source 1 : Étude Ifop pour Biogaran réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 5 au 11 avril 2023 auprès d’un échantillon de 2 005 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Pour quelles raisons pratiquons-nous l’automédication ?  

L’automédication : soulager des symptômes bénins

Selon l’étude récente d’Ifop pour Biogaran1 en 2023, voici les raisons pour lesquelles les Français achètent des médicaments sans ordonnance (en %) :

  • « Il s’agissait de symptômes bénins qui ne nécessitaient pas une consultation chez le médecin »(79 %).  
  • « Il aurait fallu attendre trop longtemps pour avoir un rendez-vous chez le médecin» (57%).
  • « Vous n’aviez pas les moyens financiers d’avancer les frais pour une consultation chez le médecin » (29 %).

* Réponses à la question posée : « Et la dernière fois que cela vous est arrivé, chacune des raisons suivantes a-t-elle joué un rôle déterminant ou pas déterminant dans votre décision d’acheter des médicaments sans ordonnance ? »

Base : personnes ayant achetés des médicaments OTC ces 12 derniers mois.

Pour quels maux recourt-on à l’automédication ?  

L’étude Harris interactive pour Afipa (Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable)3 réalisée en 2018-2019 montre des maux/troubles qui conduisent à l’automédication.
L'automédication est utilisée pour soigner notamment un rhume ou un état grippal (51% des cas), ou un maux de tête (46%) ainsi que les maux de gorge (41%). Mais elle peut-être également utilisée pour des problèmes de sommeil (16%), des douleurs dentaires (13%) en cas d'allergies/sinusites chroniques (15%).

Méthodologie de l’étude :  
2 études réalisées : 

  • Vague 1 : du 30-08 au 05/09/2018
  • Vague 2 : du 13/02 au 15/02/2019

Pour chaque vague : 1 000 Français représentatifs de la population nationale via la méthode des quotas (sexe, âge, PCS, régions). Questionnaire auto-administré en ligne.
 

Automédication : quels médicaments, quels risques ?

Quels sont les modes de délivrance des médicaments pouvant faire l’objet d’une automédication ?

Les médicaments en accès direct en pharmacie2

  • Ces médicaments, aussi appelés « de médication officinale », peuvent être achetés en libre-service dans certains rayons dédiés des pharmacies.
    Pour être en accès libre, un médicament doit être inscrit sur une liste spécifique publiée par l’Agence nationale de la sécurité du médicament (ANSM) et répondre à plusieurs critères précis :
  • Traiter une maladie bénigne dont le diagnostic peut être réalisé sans consulter son médecin traitant.
  • Être accompagné d'une notice adaptée pour l'automédication. Celle-ci doit notamment préciser :
    - la dose prévue pour chaque prise et par jour (posologie) ainsi que les intervalles à respecter entre chaque administration,
     - la durée du traitement qui, dans le cas d'automédication, est limitée à quelques jours.
  • Ne pas être répertorié en tant que médicament pédiatrique.
  • Ne pas présenter de risques importants d'interactions médicamenteuses ou de graves effets secondaires.
  • Avoir une forme qui permet une administration facile. Les médicaments injectables, par exemple, ne peuvent pas être disponibles en accès libre. 

Les médicaments à prescription facultative2 

Ce sont des médicaments qui peuvent être prescrits par un médecin, mais qui peuvent néanmoins être achetés sans ordonnance, en vue d'une automédication. Ils ne sont pas en accès direct. 
Le pharmacien délivre donc ce type de médicaments à la personne qui le lui demande, après s'être assuré qu'il est sans danger pour elle, il lui donne aussi les conseils nécessaires sur la façon de prendre le médicament.

Les médicaments nécessitant une prescription2

  • Certains médicaments sont inscrits par la législation française sur « liste 2 des substances vénéneuses » :
    - Ils ne sont délivrés que sur ordonnance, 
    - Et sont reconnaissables au rectangle vert imprimé sur la boîte.

Si la mention « non renouvelable » est indiquée par le médecin sur l’ordonnance, le patient ne peut recevoir le médicament qu’1 fois, dans les quantités indiquées
Si cette mention n’est pas notée, le pharmacien peut délivrer le médicament plusieurs fois, dans la limite de validité de l’ordonnance.
Ce renouvellement, à l’initiative du patient, est considéré comme de l’automédication : il ne donne pas droit au remboursement par l’Assurance Maladie.

Dans ce cas, le pharmacien demande alors de présenter l’ordonnance initiale. Pour délivrer le médicament, le pharmacien doit s’assurer que le contexte de prise du médicament est sans danger et apporte au patient tous les conseils nécessaires à son bon usage.

Le saviez-vous ?

Les origines du mot « médicament »4

Saviez-vous que le mot médicament était emprunté du latin medicamentum : « remède, drogue, poison » ? 

Les risques liés à la prise de médicaments en automédication2  

Il est possible de s’automédiquer, mais il ne faut jamais oublier d’être prudent. En effet, l’automédication comporte plusieurs risques2, associés au profil de la personne, à la maladie en elle-même ou aux symptômes que l’on souhaite traiter ou encore au médicament lui-même.

  • Facteurs liés au patient2
    Une personne allergique à un médicament l'est fréquemment à tous les médicaments de la même famille.  
    Prendre un médicament en automédication sans en connaître la famille expose donc à un risque de réaction allergique pour les personnes ayant déjà un terrain atopique.
     
  • Facteurs liés à la maladie en elle-même2
    Se tromper sur l’autodiagnostic de sa maladie est un risque toujours présent lors  d’une automédication.  
    L’erreur de diagnostic peut entraîner la prise d’un traitement inutile, donc inefficace, et laisse ainsi évoluer la véritable maladie.
     
  • Facteurs liés au médicament2
    - Mauvaise conservation d’un médicament : les conditions de conservation d'un médicament dans votre armoire à pharmacie familiale doivent être respectées scrupuleusement et la date de péremption doit être vérifiée. Or, la pharmacie de la maison peut être inadaptée pour la conservation des médicaments (placées dans un endroit humide ou trop chaud, par exemple) ou en compter quelques-uns périmés. Ils ont alors un risque toxique ou d'inefficacité.

    - Perte ou mauvaise de lecture de la notice : celle-ci peut conduire :
    - au non-respect de la posologie et de la durée de traitement.
    - à la prise d’un médicament à la place d’un autre.

Ces mauvaises utilisations peuvent entraîner des situations à risque qui peuvent aller d'une simple absence d'efficacité sur les symptômes en cours à un surdosage toxique2

Le saviez-vous ?

La balance bénéfice/risque d’un médicament5

Un médicament, prescrit sur ordonnance ou non, contient une ou plusieurs substances actives qui agissent sur l’organisme. Ces substances ont des effets positifs attendus : soigner, prévenir, diagnostiquer, guérir. Elles peuvent également provoquer des effets indésirables.  
Tout médicament présente ainsi des bénéfices et des risques : on parle alors de “balance bénéfice/risque” (B/R).  
Pour être commercialisé, un médicament doit avoir une balance B/R positive5.

Afin de s'assurer que les bénéfices attendus du médicament sont toujours supérieurs aux risques encourus, il est indispensable de respecter les conditions de prescription définies par les professionnels de santé5

Les interactions médicamenteuses à prendre en compte

Sachez que la prise d’un médicament sans avis médical ou sans conseil du pharmacien, expose au risque d’interactions médicamenteuses avec un autre traitement en cours.
L'interaction médicamenteuse résulte d'une modification de l'activité thérapeutique d'un médicament, liée à la prise d'un ou plusieurs autres médicaments dans le cadre d'un traitement. Elle peut mener à des conséquences plus ou moins graves sur la santé d'un patient.6

La prise simultanée de 2 médicaments peut avoir 4 types d’effets6 :

  • Une absence d’interaction : les médicaments n’interfèrent pas du tout l’un sur l’autre2.
  • Une augmentation des effets de l’un des médicaments : le médicament dont l'effet est augmenté est "potentialisé".
  • Une augmentation réciproque de l’effet des 2 médicaments. Par exemple, la prise simultanée de certains antiallergiques de la famille des antihistaminiques et de benzodiazépines augmente de manière réciproque leurs effets sédatifs.
  • Une diminution ou la suppression des effets d’un ou des 2 médicaments. Par exemple, l’action de certains antidiabétiques est diminuée par les glucocorticoïdes, dérivés de la cortisone ayant un rôle anti-inflammatoire.

Afin d’éviter toute interaction médicamenteuse, dans le cadre d’une automédication, n’hésitez pas à demander conseil à votre pharmacien ou à votre médecin. 

Focus sur l’alcool et médicaments : un cocktail potentiellement dangereux7

Voici quelques effets possibles entre les médicaments et l’alcool :  
- Modification de la façon dont le corps absorbe les médicaments et les élimine.
- Augmentation de leurs effets indésirables voire apparition de nouveaux effets désagréables ou dangereux, mais aussi perte partielle d’efficacité de certains médicaments.

Avant de consommer des boissons alcoolisées :  
- Prenez le temps de lire en détail la notice d’utilisation du médicament que vous prenez pour  vérifier s’il est possible de consommer de l’alcool et connaître les risques que l’on encourt à ne pas respecter ces recommandations. 

Les limites de l'automédication

Quand faut-il consulter un médecin plutôt que de s'automédiquer ?

Si vos symptômes persistent au-delà de la durée maximale du traitement, il faut arrêter le traitement et consulter son médecin traitant2.
Si les symptômes s'aggravent ou se modifient, une consultation médicale est aussi nécessaire2.

Pour qui l'automédication est-elle déconseillée ?

Voici les 3 catégories de personnes pour lesquelles une automédication est déconseillée (ou avec grande prudence) ou interdite2.

AUTOMÉDICATION AVEC PRÉCAUTION2

  • Les personnes âgées.
  • Les personnes ayant une ou plusieurs maladies.
  • Femmes enceintes ou qui allaitent.

Si vous appartenez à l’une de ces populations, seul un professionnel de santé pourra vous dire si vous pouvez le prendre et à quelle dose2.
Enfants : automédication à éviter2

Les bonnes pratiques pour une automédication responsable2

1 - Acheter uniquement des médicaments en pharmacie et demander conseil à son pharmacien
2 - Recourir à l'automédication uniquement pour des symptômes bénins ou une maladie ponctuelle (être certain du diagnostic et ne pas avoir de facteurs de risque vis-à-vis de la prise du médicament).
3 - Prendre le médicament dès les premiers symptômes et n’en prendre qu’1 à la fois (ne pas cumuler le médicament d’automédication avec d’autres traitements).
4 - Respecter les doses, les moments de prises, et la durée de traitement décrite dans la notice.
5 - Il est aussi conseillé de consulter systématiquement toutes les rubriques de la notice et de la conserver dans la boîte du médicament.
6 - Il faut ensuite s’assurer que les symptômes disparaissent avant la durée maximale du traitement. Si tel n’est pas le cas, il faut arrêter le traitement et consulter son médecin traitant.
7 - Une consultation est aussi nécessaire si les symptômes s'aggravent ou se modifient.
8 - Un médicament restant d’un ancien traitement (ayant fait l’objet d'une prescription antérieure) gardé dans l’armoire à pharmacie personnelle, et pris sans avis médical, relève de l’automédication2.

Sources
1 - Étude Ifop pour Biogaran. Étude sur l’impact de l’inflation sur les achats de médicaments OTC (sans ordonnance) - 11 avril 2023 - Lien de la page – Consulté le 06-11-2023 | 2 - AMELI -  Se soigner seul avec l’automédication - Décembre 2021 - Lien de la page - Consulté le 16-10-2023 | 3 - Etude AFIPA HARRIS - Automédication : marché mature ou marché d’avenir ? - 2018-2019 - Lien de la page - Consulté le 16-10-2023 | 4 - Dictionnaire de l’Académie française - Origine latine du mot médicament – 9e édition 2023 – Lien de la page - Consulté le 16-10-2023 | 5 - ANSM - Du bon usage du médicament – 2020 - Lien de la page - Consulté le 16-10-2023 | 6 - AMELI - Interactions médicamenteuses – 1er septembre 2022 – Lien de la page - Consulté le 16-10-2023 | 7 - VIDAL - Médicaments et alcool – 1er décembre 2022 - Lien de la page - Consulté le 16-10-2023 

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