Contenus Santé
Qu’est-ce qu’un mélanome ?
Le mélanome est un cancer de la peau qui peut être agressif, c’est pourquoi il est très important de le détecter le plus tôt possible1. Découvrez ce qu’est un mélanome, comment le repérer et comment il est soigné.
Qu’appelle-t-on mélanome de la peau ?
Un mélanome de la peau est une maladie des cellules de la peau appelées mélanocytes. Il se développe à partir d’une cellule initialement normale qui se transforme et se multiplie de façon anarchique pour former une lésion appelée tumeur maligne. Plus rarement, il peut se développer à partir d’un grain de beauté (nævus)2.
Le mélanome se présente le plus souvent comme une tache brune soit récemment apparue soit avec une évolution récente. Cette notion d’évolution est très importante et regroupe les changements de forme, de taille, de couleur ou des bordures de la lésion3.
On distingue classiquement quatre types de mélanomes1 :
Le mélanome superficiel extensif se présente comme une tache ou un grain de beauté qui s’étend, adopte une forme irrégulière et présente une couleur inhomogène (noir, marron, rouge ou dépigmentée).
Le mélanome nodulaire se manifeste d’emblée sous forme d’un relief. Il peut être de couleur noire, mais aussi parfois dépourvu de pigmentation. De consistance ferme, il peut s’ulcérer, se couvrir d’une croûte, suinter ou saigner.
Le mélanome de Dubreuilh se présente sous la forme d’une tache pigmentée inhomogène, allant du marron foncé au noir, ressemblant à une tache de vieillesse.
Le mélanome acro-lentigineux touche les extrémités : les paumes, les plantes des pieds (sous forme de tache brune ou noire, parfois dépigmentée et aux contours irréguliers), ou les ongles (sous forme d’une bande noire irrégulière et acquise).
Bon à savoir
D’autres localisations de mélanome existent, telles que les mélanomes muqueux (par exemple au niveau des muqueuses digestives ou génitales) ou oculaires (comme le mélanome uvéal), mais ces formes sont plus rares1.
Mélanomes : quels sont les facteurs de risques ?
La pigmentation de la peau et la réaction à l’ensoleillement constituent deux facteurs de risque importants et clairement établis dans la survenue d’un mélanome. Plus la peau est claire et a une tendance à développer des coups de soleil sans bronzer, ou très peu, plus le risque est important. La relation entre exposition solaire et risque de mélanome est complexe, mais globalement, les expositions intermittentes et intenses sont celles qui ont l’effet le plus nocif sur la peau, en particulier si ces expositions solaires surviennent pendant l’enfance (coups de soleil durant l’enfance). L’exposition aux ultraviolets artificiels (comme les cabines de bronzage) contribue également à augmenter le risque de mélanome1.
Le facteur de risque principal reste l’exposition solaire, en particulier brûlures solaires lors de l’enfance et de l’adolescence.
Les autres facteurs de risque sont :
un antécédent personnel ou familial de mélanome,
un antécédent personnel de cancers cutanés liés à l’exposition solaire (carcinomes),
la présence de nombreux « grains de beauté » (appelés nævus) sur le corps,
Les formes familiales de mélanomes sont rares (<10% des cas)3.
Les signes qui doivent alerter
L’apparition d’une nouvelle lésion (tache ou bouton) différente des autres ou la modification d’un grain de beauté connu peuvent alerter sur la présence d’un mélanome de la peau. Ce type de modifications peut être identifié par vous, lors d’un auto-examen de votre peau, ou par l’un de vos proches4.
Pour reconnaître les signes suspects, vous pouvez utiliser les critères de la règle « ABCDE » qui permet de contrôler toute modification de couleur, de forme ou de taille d’un grain de beauté pouvant constituer un signe d’alerte :
A comme Asymétrie : grain de beauté de forme ni ronde ni ovale et dont les couleurs et les reliefs ne sont pas régulièrement répartis autour de son centre.
B comme Bords irréguliers : bords déchiquetés, mal délimités.
C comme Couleur non homogène : présence de plusieurs couleurs (noir, bleu, marron, rouge ou blanc).
D comme Diamètre en augmentation : une lésion susceptible d’être un mélanome a généralement une taille supérieure à 6 millimètres.
E comme Evolution : changement rapide de taille, de forme, de couleur ou d’épaisseur d’une tâche pigmentée.
Plus il y a de critères présents, plus le risque que la lésion soit un mélanome est élevé. La présence d’un ou plusieurs de ces signes ne signifie pas forcément que vous avez un mélanome, mais justifie de demander un avis médical sans attendre4.
Certains patients ont de nombreux grains de beauté dits atypiques, qui répondent à plusieurs critères de la règle ABCDE. Chez ces patients, un autre signe peut être utilisé : celui du « vilain petit canard », c’est-à-dire une lésion pigmentée qui apparaît très différente des autres et qu’il faudra analyser en priorité1.
Important
Certaines parties du corps sont souvent négligées lors de l’auto-surveillance, alors qu’elles peuvent être le siège de mélanomes. Le cuir chevelu, par exemple, est directement exposé aux UV, en particulier en cas de calvitie, au niveau de la raie ou lorsque les cheveux sont très fins. Cela en fait une zone à haut risque de survenue de mélanome1.
De même, les mélanomes peuvent apparaître sur la plante des pieds, entre les orteils ou les doigts, sur les paumes des mains, ou encore au niveau des organes génitaux. Ces localisations, parfois oubliées, doivent donc, au même titre que le reste du corps, être protégées du soleil et faire l’objet d’une auto-surveillance régulière1.
Diagnostic, pronostic et traitement du mélanome
Le bilan diagnostique comprend : un examen clinique, une ablation chirurgicale de la lésion, un bilan sanguin2.
Le saviez-vous ?
L’âge médian au moment du diagnostic est de 68 ans chez les hommes et 62 chez les femmes2.
Le pronostic du mélanome à un stade localisé dépend de son épaisseur. Plus la tumeur est détectée et traitée tôt et plus le pronostic est bon. Le traitement recommandé à un stade localisé est la chirurgie (lien fiche « traitement et suivi du mélanome »). Le mélanome est un cancer agressif. Il peut ainsi disséminer dans le corps au niveau de la peau, des ganglions lymphatiques et d’autres organes profonds (poumons, foie, cerveau…). Les traitements utilisés sont selon les situations : la chirurgie, la chimiothérapie ou la radiothérapie3.
Plusieurs traitements peuvent être utilisés, seuls ou en association, pour traiter le mélanome de la peau :
la chirurgie constitue le traitement de référence de la grande majorité des mélanomes cutanés qui ne présentent pas de métastases à distance,
l’immunothérapie ou une thérapie ciblée (traitements systémiques),
la radiothérapie est rarement utilisée. Elle vise à soulager les symptômes lorsqu’une métastase entraîne une douleur ou une compression2.
Le saviez-vous ?
Si le mélanome est épais ou ulcéré, il est important de savoir si des cellules cancéreuses se sont propagées vers les ganglions lymphatiques. Pour cela, on enlève le premier ganglion qui reçoit la lymphe en provenance du mélanome et il est analysé au microscope. L’absence de cellules cancéreuses dans ce ganglion signifie que le cancer ne s’est pas propagé.
Si le ganglion sentinelle contient des cellules cancéreuses, cela indique un risque de dissémination vers d’autres ganglions. Lorsque les ganglions lymphatiques sont atteints, leur ablation est étendue à la zone ganglionnaire concernée. En cas d’envahissement des ganglions par des cellules cancéreuses, un traitement complémentaire à la chirurgie est mis en place5.
L’exposition excessive au soleil et aux cabines à UV favorise le développement du mélanome de la peau. En limitant ces expositions, en particulier pendant l’enfance, certains cas de mélanome pourraient être évités4.
Comment se protéger du soleil ? Pour en savoir plus :
Vrai ou Faux : Un mélanome n'est pas dangereux
FAUX : Le mélanome est une tumeur potentiellement agressive, surtout lorsqu’elle est diagnostiquée à un stade tardif, et qui peut donner lieu à des métastases mettant en jeu le pronostic vital. Les métastases sont des cellules cancéreuses qui quittent la tumeur principale et migrent vers d’autres parties du corps. En 2023, en France métropolitaine, 17 922 nouveaux cas de mélanome cutané ont été recensés, et 1 920 décès ont été liés à ce cancer1.
L'essentiel à retenir
Les principaux facteurs de risques d’un mélanome de la peau sont :
Liés à l’environnement, aux modes et conditions de vie : exposition au soleil et aux ultraviolets artificiels, antécédents de coups de soleil.
Constitutifs des individus : phototype de peau le plus à risque (peau très claire avec cheveux roux, blonds ou châtains, yeux clairs, nombreuses taches de rousseur), sensibilité face au soleil (peau qui ne bronze pas ou peu, prenant souvent des coups de soleil), nombre élevé de grains de beauté, présence de grains de beauté d’aspect inhabituel, de grande taille et irréguliers, ou la présence d’un nævus géant présent depuis la naissance, antécédents personnels ou familiaux de mélanome (environ 10 % des mélanomes sont des formes familiales), un affaiblissement du système immunitaire (immunodépression).
Le mélanome est un cancer de la peau d’origine pigmentaire. Il se soigne le plus souvent par chirurgie. D’autres traitements, comme l’immunothérapie ou les thérapies ciblées, peuvent être proposés. Après les traitements, prévention solaire, auto-surveillance et suivi médical sont essentiels pour limiter les risques de récidive.
Le mélanome présente en général les critères suivants :
A pour Asymétrie : le mélanome est souvent asymétrique.
B pour Bords irréguliers : les bords sont souvent encochés, polycycliques.
C pour Couleur inhomogène : plusieurs couleurs sont présentes, allant du brun clair au noir foncé.
D pour Diamètre : le diamètre est généralement supérieur à 6 mm.
E pour Évolution : lorsqu’on observe un changement évident de la lésion au fil des mois.
Aucun critère à lui seul n’est suffisant pour affirmer qu’il s’agit d’un mélanome, mais le critère ayant la valeur prédictive la plus forte est le E pour évolutivité.