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Du Baby Blues à la dépression du post-partum

L’arrivée d’un bébé est un grand bouleversement dans la vie des parents. Parfois les émotions négatives prennent le dessus : fatigue, déprime, tristesse, voire anxiété, culpabilité1… Découvrez comment le baby blues peut évoluer en dépression post-partum et comment faire pour réagir. 

Publié le : 05-02-2026

Qu’est-ce que le baby-blues ?

Quelques jours après l’accouchement, la majorité des mamans traverse une période de déprime qu’on appelle " baby blues ". C’est une réaction causée par tous les changements physiques, hormonaux et psychologiques liés à l’accouchement1.

Il se traduit par :

  • une irritabilité ;

  • des sautes d’humeur (la maman est heureuse un instant et pleure de façon incontrôlée à un autre) ;

  • des troubles du sommeil, de la fatigue ;

  • de l’anxiété, le sentiment d’être délaissée et la crainte de ne pas savoir s’occuper du bébé.

Ces troubles surprennent et déroutent l’entourage, surtout lorsque l’accouchement s’est bien déroulé2

 

Le baby blues peut durer quelques heures ou quelques jours. En général, les symptômes disparaissent tous seuls1

Bon à savoir :

Les mères dont c’est le premier enfant ne sont pas plus touchées que celles qui en ont déjà un ou plusieurs3.

Besoin d’aide pour contrer le baby blues2 ? 

N’hésitez pas à demander de l’aide :

  • à la maternité, le personnel (sage-femme, auxiliaire de puériculture) est bienveillant, compréhensif. Il vous aide à comprendre vos émotions et à mettre en place une organisation de vie avec votre bébé ;

  • de retour à la maison, parlez-en à la sage-femme lors de sa visite à domicile. Elle vous aidera à trouver votre nouvel équilibre de mère, à vous organiser au quotidien pour mieux vous reposer, vous apaiser, retrouver confiance en vous et ainsi enrichir les liens d’attachement avec votre bébé.

Votre conjoint, votre famille et vos amis sont un atout essentiel pour passer ce cap de « déprime ». Mobilisez votre entourage. Demandez-leur de vous soulager dans vos fonctions maternelles et, ainsi, prenez un peu de temps pour vous et votre couple. 

Il est important de surveiller l’évolution de votre baby blues et consultez si le baby blues est très marqué ou si les symptômes persistent au-delà de deux semaines. La consultation permet de vérifier que vous ne souffrez pas d’une dépression du post-partum2

Qu’est-ce que la dépression post-partum ?

La dépression post-partum (DPP) est beaucoup plus préoccupante que le baby blues. Il s’agit d’une dépression somme toute classique mais qui prend des formes légèrement différentes du fait qu’elle survient quelques semaines après la naissance d’un enfant. Elle survient généralement 2 ou 3 mois après l’accouchement (donc beaucoup plus tardivement que le baby blues), mais elle peut se développer plus tard au cours de la première année après la naissance3

 

La dépression post-partum, qu’on appelle aussi dépression postnatale ou périnatale, peut durer des mois, et parfois même se prolonger au-delà d’un an1

 

Les symptômes de la DPP sont similaires à ceux de la dépression tout court : tristesse, démotivation, fatigue, troubles du sommeil (trop ou trop peu) et de l’appétit, irritabilité, perte d’intérêt pour les choses que l’on appréciait, tendance à l’isolement, sentiment que rien ne s’améliorera jamais, etc.

À ces symptômes habituels s’ajoutent des symptômes en lien avec la maternité : absence d’intérêt pour le nourrisson, réduction des échanges visuels et vocaux avec lui (dont les sourires), sentiment de dévalorisation (« mauvaise mère »), culpabilité, anxiété intense pour la santé de l’enfant, par exemple.

Ces symptômes généraux et particuliers sont souvent plus intenses le soir3

À noter :

Beaucoup de dépressions post-partum ne sont pas identifiées et les personnes touchées ne reçoivent pas de soins. Si on a des doutes pour un proche, on n’hésite pas à lui en parler1

Quels sont les facteurs de risques de développer une dépression post partum ?

Certains facteurs de risque augmentent le risque de développer une dépression post-partum :

  • l’absence de soutien du conjoint pendant la grossesse et après l’accouchement et, plus globalement, l’insatisfaction conjugale pendant ces périodes ;

  • l’absence de soutien de l’entourage (les mamans solos isolées sont particulièrement à risque, en particulier celles qui sont économiquement précaires) ;

  • des antécédents dépressifs, en particulier pendant la grossesse ;

  • un événement stressant survenu pendant la grossesse ou après l’accouchement (décès d’un proche, licenciement, etc.) ;

  • une vulnérabilité vis-à-vis de l’image sociale de la maternité idéale, qui se heurte à une réalité plus prosaïque ;

  • un nourrisson qui présente des comportements atypiques (peu tonique, peu responsif, peu vigilant).

Par ailleurs, des dérèglements hormonaux sont souvent identifiés chez les mères qui souffrent de dépression post-partum (hypothyroïdie, taux sanguin de progestérone élevé, taux sanguin de prolactine anormalement bas), sans qu’on sache s’ils contribuent à la DPP ou s’ils en sont une conséquence3

Bon à savoir

Comme le baby blues, le risque de dépression post-partum n’est pas plus élevé chez les mères qui viennent d’accoucher de leur premier enfant. Il est possible d’en souffrir après une ou plusieurs maternités vécues sans problème. 

Idée reçue : La dépression post-partum, c’est que pour les mamans1

 

Faux : Près d’un père sur dix traverse une dépression pendant la grossesse ou peu après la naissance de son bébé. C’est une période de changements qui peut être bouleversante pour les papas aussi. Les symptômes de la dépression post-partum chez les pères peuvent être :

  • des doutes,

  • de la perte de confiance en soi,

  • une absence d’envie de s’occuper ou s’intéresser au bébé,

  • une envie de s’absenter du domicile,

  • la peur d’être jugé,

  • un sentiment de ne pas trouver sa place.

La dépression post-partum chez les pères peut s’accompagner d’anxiété, de consommation de drogues/d’alcool, de troubles du sommeil, de conflits conjugaux… 

Quel est l’impact d’une dépression post-partum sur la maman et le bébé

Parce que certains symptômes peuvent être faussement attribués à la vie avec un jeune bébé (en particulier la fatigue, les troubles du sommeil ou l’anxiété), et parce que reconnaître que l’on est triste et indifférente après une naissance est difficile, la dépression post-partum est relativement souvent passée sous silence par la mère qui en souffre. 

 

Une DPP qui n’est pas prise en charge médicalement représente un danger pour la mère comme pour l’enfant. En effet, les femmes qui ont souffert de dépression post-partum ont un risque plus élevé de développer un nouvel épisode de dépression dans les 5 années qui suivent. Pour les enfants, la détérioration de la relation mère/enfant en lien avec une DPP peut entraîner des troubles du développement social, émotionnel et cognitif. Des études ont montré que les nourrissons dont la mère traverse un épisode de dépression post-partum présentent davantage de troubles alimentaires et du sommeil, ainsi que des pleurs excessivement fréquents. Plus tard, ils semblent plus vulnérables à la dépression infantile. 

Que faire quand on présente des symptômes de dépression ?  

La dépression post-partum est une maladie qui se soigne. Et comme pour la plupart des maladies, on ne la soigne pas seul. Alors si on reconnaît un ou plusieurs symptômes, mieux vaut en parler rapidement à un professionnel. On peut se tourner vers :

  • sa sage-femme,

  • son médecin traitant,

  • le centre de PMI,

  • un psychologue : avec le dispositif Mon soutien psy on peut bénéficier de séances d’accompagnement psychologique avec une prise en charge par l’Assurance maladie. On peut se renseigner sur le site ameli.fr. voire l’hôpital dans une consultation de pédopsychiatrie périnatale1.

On pourra recevoir une aide, du soutien, des soins. Un traitement sera probablement nécessaire. Plus la dépression du post-partum est soignée tôt, plus les conséquences pourront être évitées. On peut aussi avoir envie d’en parler avec d’autres parents, par exemple dans un lieu d’accueil parent-enfant ou un groupe de parents1

 

Pour vous comme pour votre enfant, il est important de ne pas rester isolé ou isolée. La dépression post-partum n’est pas honteuse et, parce qu’elle touche jusqu’à 2 parents sur 10, les professionnels ont l’habitude de prendre en charge cette condition sans jugement3

Important 

En cas de grande détresse psychique ou des pensées suicidaires, on peut appeler le 31 14, numéro gratuit et accessible 7 jours sur 7, 24 heures sur 241

Troubles psychologiques plus rares après avoir accouché : l’épisode psychotique

La survenue d’un épisode psychotique est rare après l’accouchement, mais c’est une urgence psychiatrique. En effet, le risque suicidaire ou d’infanticide est important, justifiant un traitement en milieu hospitalier, si possible dans une unité mère-enfant.

Les principaux symptômes d’un épisode psychotique sont :

  • une confusion mentale avec une incapacité à se repérer dans le temps et l’espace (désorientation temporospatiale) ; 
     

  • une activité délirante essentiellement centrée sur la grossesse (déni de grossesse) ou sur l’enfant (négation de l’enfant, filiation extraordinaire, etc.) ;

  • une grande fluctuation de l’humeur. 

Mémo : Babyblues et dépression post-partum : quelles différences ?

 

BABY BLUES

DEPRESSION POST-PARTUM

Apparition

Entre le 2e et le 5e jour après l’accouchement3

Pendant les semaines et les mois suivant l’accouchement1

Durée

2 à 3 jours et jusqu’à 2 semaines au maximum4

Des mois, et parfois même au-delà d’un an1

Typologie

Mal être passager3

Dépression invalidante, interférant avec les activités de la vie quotidienne4

Symptômes

Se mettre à pleurer "pour un rien", avoir des crises de larmes, 

sautes d’humeur, être tout d’un coup irritable,

se sentir dépassée par les événements,

perdre ses repères, sa confiance en elle1

sensation de manque d’énergie.

difficultés à s’occuper de son bébé.

incapacité à réaliser les tâches du quotidien.

perte de plaisir, parfois même dans sa vie sociale.

profonde tristesse sans raisons apparentes, des larmes.

pensées négatives : culpabilité, sentiment d’incompétence.

difficultés à dormir, souvent à cause de l’anxiété ou du stress.

changement d’appétit1

Fréquence

50 à 80 % des femmes ayant

accouchées2

10 à 20 % des mères3

Traitement

Pas de traitement particulier, juste du repos et du soutien de la part du conjoint et de l’entourage3

Traitement comprenant psychothérapie et antidépresseurs4

 

L'essentiel à retenir

Baby blues et dépression post-partum : c’est la même chose4 ? 

De nombreuses femmes présentent un « baby blues », qui peut comprendre des sautes d’humeur ou un sentiment de tristesse. Cependant, le blues du post-partum dure généralement 2 à 3 jours et jusqu’à deux semaines au maximum et il est généralement relativement léger. En revanche, la dépression du post-partum dure deux semaines ou plus et est invalidante, interférant avec les activités de la vie quotidienne. La dépression du post-partum perturbe la capacité de la femme à prendre soin d’elle-même et du bébé

 Comment survient une dépression du post-partum2 ? 

La dépression postnatale survient dans l’année qui suit la naissance d’un ou des enfants, avec une période plus « à risque » entre le 2e et le 6e mois. Elle peut :

  •  •survenir chez une jeune femme qui allait bien sur le plan psychique ;

  •  •faire suite à un baby blues qui ne passe pas et s’aggrave ;

  •  •survenir alors que la jeune femme a présenté un épisode dépressif pendant la grossesse.

Elle est grave, car en plus d’altérer la santé maternelle, elle peut entraîner des troubles de l’attachement mère enfant qui nuisent au bon développement du nourrisson. 

Qu’est ce qui cause la dépression post partum4 

Les causes de ce sentiment de tristesse ou de la dépression après l’accouchement ne sont pas clairement connues, mais les facteurs suivants peuvent contribuer à leur apparition ou en augmenter le risque :

  • •une dépression qui était présente auparavant ou qui s’est développée durant la grossesse,

  • •une dépression du post-partum lors d’une grossesse précédente,

  • des épisodes précédents de tristesse ou de dépression survenant à certains moments du mois (en relation avec le cycle menstruel) ou lors de la prise de contraceptifs oraux,

  • des proches souffrant de dépression (antécédents familiaux),

  • •stress, notamment stress relationnel, difficultés financières ou éducation parentale sans partenaire,

  • •le manque de soutien de la part du partenaire ou des membres de la famille,

  • des problèmes liés à la grossesse (comme un accouchement prématuré ou un bébé atteint d’anomalies congénitales),

  • •sentiments ambivalents par rapport à la grossesse (par exemple, lorsque la grossesse n’était pas désirée ou que la femme avait envisagé de l’interrompre),

  • •problèmes avec l’allaitement.

La chute soudaine du taux d’hormones (telles que les œstrogènes, la progestérone et les hormones thyroïdiennes) qui survient après l’accouchement ainsi que le manque de sommeil peuvent contribuer à la survenue d’une dépression du post-partum. De plus, il est possible qu’un gène qui rend certaines femmes plus sujettes à la dépression du post-partum soit impliqué. 

Pourquoi se faire aider en cas de dépression post-partum1 ? 

La dépression post-partum a évidemment un impact sur la qualité de vie de la personne qui en souffre, et souvent sur sa relation de couple. La dépression peut aussi être un obstacle pour prendre soin de son bébé. Elle peut même parfois amener à une perte de goût à la vie, et dans les cas les plus extrêmes, à des pensées suicidaires. Quand on soigne une dépression post-partum, le parent va mieux, et a ainsi moins de difficultés à prendre soin de son enfant. 

Sources

1 - 1000 PREMIERS. fr - LE BABY BLUES ET LA DÉPRESSION POST-PARTUM – 20-10-2025 – Lien de la page – Consulté le 18-11-2025 | 2 - AMELI. fr - Après l’accouchement : baby blues et dépression du post-partum – 17-10-2025 – Lien de la page – Consulté le 18-11-2025 | 3 - SANTÉ.FR - Le baby blues est-il toujours normal chez une jeune mère ? – 13-06-2023 – Lien de la page – Consulté le 18-11-2025 | 4 - LE MANUEL MSD - Dépression du post-partum – 08-2024 – Lien de la page - Consulté le 18-11-2025

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