Contenus Santé
          

Bien prendre les somnifères et limiter les risques

Le traitement de l’insomnie passe avant tout par l’observance de règles d’hygiène de vie et le traitement de la cause des troubles du sommeil. En cas d’échec, le médecin peut prescrire un médicament adapté au type d’insomnie, à la dose minimale et sur une courte période1. Le point sur les somnifères. 

Publié le : 06-02-2026

Qu’est-ce qu’un somnifère ? 

Un somnifère, aussi connu sous le nom d’hypnotique, est un médicament qui aide à induire le sommeil ou à le maintenir. Bien qu’ils soient souvent utilisés pour traiter l’insomnie et d’autres troubles du sommeil, leur prescription n’intervient généralement qu’en dernier recours en raison des effets indésirables et des risques qu’ils peuvent entraîner, notamment la dépendance.

Il existe plusieurs types de somnifères, notamment les benzodiazépines, les hypnotiques non-benzodiazépines, certains antihistaminiques et la mélatonine2

Quand prendre un somnifère ?

En cas d’insomnie passagère, votre pharmacien peut vous conseiller un sédatif léger (phytothérapie à base de valériane, aubépine, passiflore, mélatonine, etc.)1
 

Phytothérapie : quelles plantes pour soulager les troubles du sommeil4 ?

Les plantes proposées contre les troubles du sommeil sont essentiellement des plantes aux propriétés sédatives (calmantes) telles que la valériane, la passiflore, le houblon, la mélisse et l’aubépine. Elles sont utilisées séparément ou dans des formules composées de plusieurs plantes. Ces plantes sont le plus souvent proposées sous forme de médicaments ou d’extraits en gélules, en comprimés ou telles quelles pour des infusions. Elles sont parfois associées au magnésium pour favoriser la relaxation. 

 

Mélatonine : découvrez ses bienfaits, consultez notre article : Mélatonine : zoom sur l’hormone du sommeil 

 

Pour les insomnies de courte durée, s’il le juge utile, votre médecin traitant peut vous prescrire un hypnotique (somnifère), choisi selon le profil de votre insomnie, votre âge, votre état de santé et votre mode de vie1

 

Chaque personne réagit différemment à tel ou tel produit, et il est impossible sans essai préalable de savoir quel médicament sera efficace et confortable pour une personne donnée5

 

Le somnifère peut avoir un intérêt

  • pour passer un cap difficile,

  • lorsque la situation de vie est particulièrement intolérable,

  • lorsqu’il y a une anxiété trop importante : l’anxiété agit comme un équivalent d’éveil. Tant qu’elle est présente, la personne ne peut pas dormir5

À noter :

Les benzodiazépines sont souvent prescrites pour une utilisation à court terme, tandis que les hypnotiques non-benzodiazépines sont souvent prescrits pour une utilisation à plus long terme2.

Bien utiliser les somnifères (hypnotiques)

  • Pour les somnifères (ou hypnotiques) comme pour l’ensemble des médicaments, il est essentiel de respecter la posologie et les conditions de prise préconisées par son médecin. En règle générale, le traitement est mis en place progressivement pour identifier la dose efficace minimale et éviter ainsi l’apparition d’effets indésirables, ainsi que les risques d’accoutumance6

 

  • Un traitement par hypnotique doit être de courte durée (moins de quatre semaines). Son efficacité doit être réévaluée et ce traitement doit être arrêté dès que possible pour éviter une dépendance1

 

  • Les hypnotiques doivent en général être absorbés juste avant le coucher. Ils agissent environ 20 minutes après la prise et il est important d’être couché à ce moment-là pour ne pas risquer de tomber. Ne pas se lever brusquement pendant la nuit, car il y a un risque de chute6

 

  • Le cumul de plusieurs médicaments à effet sédatif est à éviter absolument car il n’apporte pas d’effet supplémentaire mais multiplie les effets indésirables parfois graves1

 

  • Lorsque l’on prend un médicament hypnotique, il est important de ne pas boire d’alcool. Les effets combinés de ces deux substances peuvent entraîner des troubles du comportement et une ivresse rapide6

 

  • Conduire un véhicule ou utiliser des machines potentiellement dangereuses au réveil peut présenter des risques car une baisse de la vigilance persiste parfois dans la journée6. Pour mieux vous informer, consultez la notice du médicament, et plus particulièrement trois rubriques : Conducteurs et utilisateurs de machines. Mises en garde et précautions d’emploi. Effets indésirables. Dans tous les cas, n’arrêtez pas le traitement sans en avoir parlé à votre médecin1

 

  • Il faut être extrêmement vigilant sur les risques d’interactions entre les hypnotiques et certains autres médicaments. Il est indispensable de signaler la prise d’hypnotiques à son pharmacien, ou à tout nouveau médecin consulté6

 

  • En cas de grossesse, les médicaments hypnotiques ne doivent jamais être utilisés sans avis préalable du médecin. Pendant le premier trimestre, il est préférable de s’abstenir de tout usage d’hypnotiques. De même, pendant l’allaitement il est indispensable de consulter son médecin avant de prendre ce type de médicaments6

 

  • Il faut être très attentif aux effets secondaires (somnolence dans la journée, baisse de la vigilance, troubles de la mémoire, troubles du comportement, apparition d’une dépendance, etc.) que peuvent provoquer ces médicaments et en parler à votre médecin ou votre pharmacien1

 

  • Ne pas laisser ses médicaments à la portée des enfants6

Idée reçue : J’ai oublié mes somnifères à la maison, je peux prendre ceux de mon épouse.  

FAUX : Il existe de nombreux types d’hypnotiques, et il est important de savoir que votre médecin vous a prescrit celui qui correspond spécifiquement à votre insomnie. Ces médicaments ne sont jamais interchangeables entre eux, ni entre personnes1

Somnifères : les risques

Il n’y a pas de somnifère idéal et tous les médicaments ont des inconvénients lorsqu’ils sont utilisés sur de longues durées5

 

Une prise régulière sur une longue période induit des risques importants d’accoutumance. Le produit perd alors de son efficacité et les doses doivent être augmentées pour l’obtention du même effet. De plus, s’il advient que la personne traitée ne dispose pas de son médicament, elle aura beaucoup de difficultés à trouver le sommeil : elle est devenue psychologiquement dépendante6

 

Pour ces raisons, un traitement somnifère ne devrait pas être pris sur une période de plus de 4 semaines. En effet, au bout de vingt jours, le pourcentage de sommeil réparateur (celui qui repose vraiment) diminue, et les risques d’accoutumance et de dépendance augmentent6

La prise de benzodiazépines

Les risques de dépendance existent avec les benzodiazépines, mais il ne faut pas pour autant avoir peur de prendre ce type de médicament si le médecin juge qu’ils sont nécessaires. La prescription sera réévaluée par celui-ci après 2 ou 3 semaines. Le manque de sommeil peut avoir des conséquences plus néfastes que la prise d’un somnifère, et la dépendance ne s’installe pas si le traitement est correctement suivi6

 

Lorsqu’une personne commence un traitement par benzodiazépines, il est essentiel de la sensibiliser à l’importance du respect de la durée de traitement, à savoir qu’il ne s’agit que d’une prescription temporaire. Le sevrage progressif puis l’arrêt du traitement doivent être envisagés dès son instauration3

Le cas des personnes âgées

Les personnes âgées ont une consommation importante de somnifères et d’anxiolytiques, notamment de benzodiazépines. Elles sont généralement plus sensibles aux effets indésirables des médicaments psychotropes que des personnes plus jeunes. Parmi leurs principaux effets indésirables, les benzodiazépines et médicaments apparentés peuvent favoriser : des troubles de la vigilance, des troubles de la mémoire, des chutes et des accidents, des fausses routes, des troubles du comportement. Chez les personnes âgées, ces effets indésirables peuvent entraîner une perte d’autonomie3

Se passer de somnifères

Si vous prenez des somnifères ou des benzodiazépines depuis longtemps, il est possible d’arrêter progressivement (souvent sur quatre à dix semaines), de traiter la cause de l’insomnie (comme la dépression) et de privilégier une approche non médicamenteuse, en vous faisant aider par votre médecin traitant1

Déterminer les causes de l’anxiété et des troubles du sommeil3

Il est important de déterminer les raisons médicales de l’anxiété et des troubles du sommeil. Par exemple, une dépression peut être en être la cause (la dépression chez les personnes âgées est sous-diagnostiquée et insuffisamment traitée). Il convient d’en parler avec son médecin traitant, car la dépression nécessite un traitement spécifique différent des anxiolytiques et des somnifères. 

Privilégier l’approche non medicamenteuse3

Plutôt que de recourir aux médicaments, les troubles du sommeil et l’anxiété peuvent être traités par des stratégies non médicamenteuses.

Des mesures hygiéno-diététiques simples peuvent également améliorer la qualité du sommeil3 :

  • éviter les siestes de plus de 30 minutes ou trop tardives (après 16 heures) ;

  • s’endormir et se lever à heures fixes. Pour les personnes âgées, retarder l’heure du coucher.

  • éviter le bruit, la lumière (téléphone et télévision) et une température excessive dans la chambre à coucher (la température doit idéalement être inférieure à 18 degrés) ;

  • éviter la caféine, l’alcool et la nicotine ;

  • pratiquer un exercice physique dans la journée, mais pas dans les 4 heures précédant le coucher ;

  • éviter les repas trop copieux ou trop gras le soir ;

  • prendre un bain chaud 1 à 2 heures avant le coucher ;

  • si l’endormissement n’est pas survenu 15 minutes après le coucher, se relever et aller dans une pièce peu éclairée et réessayer après 20 minutes ;

  • tenir un agenda du sommeil : noter les temps de sommeil (siestes…), ce qu’on a fait avant de dormir et tenter de comprendre pourquoi on ne dort pas. 

À noter  : 

L’apprentissage de méthodes de relaxation et de gestion du stress ainsi que la psychothérapie peuvent remplacer efficacement la consommation de benzodiazépines.

Bien arrêter un médicament somnifere6

Un traitement somnifère doit toujours être arrêté progressivement. La diminution doit être graduelle pour éviter la réapparition des troubles du sommeil. Elle se fait en général par paliers. 

 

La personne traitée doit être motivée pour arrêter. Le médecin propose cet arrêt, mais c’est la personne concernée qui doit prendre la décision. Il est préférable d’attendre de se trouver dans de bonnes conditions pour mettre fin au traitement ; mieux vaut le faire lorsque l’on a moins de stress, d’anxiété, de pression dans le travail ou de soucis dans sa vie personnelle. 

 

Il est important de savoir que certains signes peuvent apparaître lorsque l’on diminue ou que l’on arrête son traitement somnifère : nervosité, difficultés à s’endormir, tremblements, problèmes de concentration ou fatigue. Dans la mesure du possible, il faut persister, car ces signes disparaissent en quelques jours. 

L'essentiel à retenir

À qui sont prescrits les somnifères2 ? 

Les somnifères sont prescrits pour les personnes souffrant d’insomnie ou d’autres troubles du sommeil. Ils sont généralement indiqués en dernier recours lorsque d’autres traitements non médicamenteux se sont avérés inefficaces. En cas de difficulté importante à trouver le sommeil, comme dans le cas de troubles sévères, invalidants ou entraînant une profonde détresse, il peut être envisageable de prendre un somnifère afin d’aider à retrouver un rythme de sommeil normal. 

Somnifères : quels sont les risques pour les personnes âgées6 ? 

Les personnes âgées doivent se montrer un peu plus vigilantes, car la prise de somnifères peut provoquer des chutes de tension (pression artérielle), des troubles de l’équilibre et des épisodes de désorientation. D’où l’importance de ne jamais céder à la tentation de l’automédication. 

Comment limiter le risque de dépendance avec les somnifères5 ? 

Les somnifères sont des produits qui ont leur place dans la prise en charge de l’insomnie mais il faut faire attention à ne pas développer une accoutumance et une dépendance. Il est ainsi important de limiter leur usage dans le temps ; soit en les utilisant sur une courte période de 15 jours à 3 semaines, soit en discontinue 2 à 3 fois par semaine en fonction des moments repérés comme favorisant l’insomnie (par exemple l’insomnie du dimanche soir, ou celle qui précède ou suit une journée riche en stress…). 

Les antidépresseurs sont-ils efficaces dans l’insomnie5 ? 

De plus en plus prescrits dans cette indication, ils diminuent la latence du sommeil et augmentent la continuité du sommeil, et parfois, augmentent le sommeil profond. Les doses efficaces sont bien moindres que celles utilisées dans la dépression. Ils peuvent aussi avoir des inconvénients, surtout en début de traitement en entraînant une somnolence diurne, mais celle-ci est habituellement transitoire. Les antidépresseurs sérotoninergiques sont à éviter chez la femme enceinte. 

Quel sont les effets secondaires des benzodiazépines1 ? 

Le traitement de l’insomnie par des benzodiazépines est responsable de troubles de la vigilance en cause dans les accidents de la voie publique ; augmente le risque de chute responsable de fracture du col du fémur et autres traumatismes ; diminue les capacités cognitives (capacité à raisonner, se souvenir, résoudre des problèmes…) ; génère des troubles de la mémoire ; provoque des fausses routes ; est source de perte d’autonomie. Les benzodiazépines peuvent engendrer rapidement une dépendance physique et psychique. Les personnes qui en sont dépendantes consomment des benzodiazépines au long cours bien que seuls leurs effets indésirables persistent et que leur efficacité sur les troubles du sommeil diminue, voire disparaisse. 

Pourquoi prescrit-on des benzodiazépines et médicaments apparentés3 ? 

Ils sont habituellement prescrits pour leur effet hypnotique, comme somnifères, ainsi que pour leur effet anxiolytique. Le but est de soulager les symptômes d’anxiété et les troubles du sommeil, et d’en diminuer les conséquences physiques, psychiques et relationnelles. 

 

Sources

1 - AMELI.FR - Traitement de l’insomnie – 23-04-2025 – Lien de la page – Consulté le 14-11-2025 | 2 - HAPNI - Somnifères - Lien de la page – Consulté le 10-11-2025 | 3 - POUR LES PERSONNES AGEES.GOUV.FR - Somnifères, anxiolytiques : attention aux effets secondaires des benzodiazépines - 12-07-2022 - lien de la page - Consulté le 14-11-2025 | 4 - VIDAL - La phytothérapie dans le traitement des insomnies – 14-03-2023 – Lien de la page - Consulté le 26-11-2025 | 5 - RESEAU MORPHEE – La place des médicaments dans la prise en charge de l’insomnie -12-09- 2024 – lien de la page - Consulté le 14-11-2025 | 6 - VIDAL - Bien utiliser les somnifères - 14-03-2023 – lien de la page - Consulté le 14-11-2025 

PO-03750-01/26