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Mieux connaître la contraception sans hormones
Les méthodes de contraception sans hormones comprennent le stérilet en cuivre, la stérilisation, les méthodes dites de type barrière, et les méthodes de contraception dites naturelles1. Revue des méthodes les plus courantes.
Le dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre ou stérilet au cuivre
Le stérilet au cuivre est un dispositif en forme de « T » qui mesure environ 3 cm de long. Il est inséré dans l’utérus par un médecin ou une sage-femme. Il est efficace immédiatement après la pose1.
L’effet contraceptif est dû au cuivre qui détruit la fonction reproductrice des spermatozoïdes qui ne parviennent plus à atteindre l’ovule, et qui empêche un ovule potentiellement fécondé de se fixer dans la muqueuse utérine1.
Il s’agit du moyen de contraception le plus utilisé au monde. C’est souvent l’option recommandée aux femmes qui veulent éviter les hormones dans leur méthode de contraception2.
Le stérilet au cuivre est généralement posé pour une durée de 4 à 10 ans2.
Il peut être posé chez une femme n’ayant jamais eu d’enfant3.
Une consultation est nécessaire tous les ans3.
Un stérilet peut être retiré à n’importe quel moment en cas de désir de grossesse ou en cas de problème médical3.
Il peut provoquer des saignements et des douleurs menstruelles un peu plus abondants que lors de votre cycle habituel et allonger un peu la durée de vos règles1.
Il ne protège pas des Infections Sexuellement Transmissibles3.
Bon à savoir :
Le dispositif intra-utérin se termine par un fil coupé très court lors de la pose. Ce fil, présent au niveau du col de l’utérus dans la partie haute du vagin, permettra au professionnel de santé de retirer le DIU, lors d’une consultation, à l’aide d’une petite pince. Ce fil ne gêne en rien pour le port de tampons vaginaux ou lors des rapports sexuels3.
La stérilisation à visée contraceptive
Il s’agit d’une intervention chirurgicale, appelée « vasectomie » chez les hommes et « ligature des trompes » chez la femme2.
Ces interventions doivent être considérées comme définitives : s’il est possible de faire des réparations chirurgicales, le plus souvent celles-ci ne rétablissent pas complètement la fécondité, et entraînent parfois des complications (grossesses extra-utérines en particulier)4.
Toute personne majeure peut demander une intervention chirurgicale à visée contraceptive4.
Les démarches s’effectuent en plusieurs étapes, l’intervention ne peut être réalisée qu’après :
-Une première consultation médicale d’information,
-À l’issue d’un délai de réflexion de 4 mois après cette première consultation,
-Après confirmation écrite par la personne concernée2.
La vasectomie (chez l'homme)
Cette intervention chirurgicale pratiquée par un urologue se fait en 15 minutes environ, sous anesthésie locale. Elle consiste à couper les canaux qui transportent les spermatozoïdes des testicules vers le pénis. Il faut cependant environ 8 à 16 semaines pour qu’il n’y ait plus de spermatozoïdes dans le sperme (un spermogramme est pratiqué à la fin de cette période pour vérifier l’absence de spermatozoïdes) 4.
La ligature des trompes (chez la femme)
C’est une opération chirurgicale qui est pratiquée sous anesthésie générale et qui dure généralement moins d’une heure. Elle nécessite une hospitalisation qui dure entre 1 et 3 jours. Elle consiste à « boucher » ou sectionner les trompes de Fallope qui, en temps normal, permettent aux ovules de rejoindre l’utérus pour y rencontrer des spermatozoïdes. Elle peut se faire par voie abdominale, par cœlioscopie ou par voie vaginale. Elle peut entraîner des douleurs abdominales pendant quelque temps après l’opération4.
Le préservatif externe (masculin) et le préservatif interne (féminin)
Parmi tous les moyens de contraception, le préservatif externe (masculin) et le préservatif interne (féminin) sont les seuls moyens de protection contre les infections sexuellement transmissibles (IST)5.
Le préservatif n’est efficace que si on l’utilise pour TOUS les rapports sexuels, avant toute pénétration, à TOUT moment du cycle, car il n’y a pas de période « sans risque ». Pour diminuer les erreurs d’utilisation, il ne faut pas hésiter à s’entraîner pour le poser et l’enlever6.
Pour plus de protection, il est possible d’associer les préservatifs à un autre moyen de contraception (pilule, spermicides, etc.) : c’est ce qu’on appelle la double protection6.
Le préservatif externe ou « masculin »
Le préservatif externe (ou masculin) empêche le passage des spermatozoïdes dans le vagin, et donc la fécondation6.
Il se déroule sur le pénis en érection avant la pénétration6.
Le préservatif doit être changé à chaque rapport sexuel, entre chaque pénétration6.
C’est un moyen de contraception facilement accessible (dans les pharmacies, grandes surfaces, distributeurs, etc.)5
On peut l’obtenir sans ordonnance. Certaines marques sont disponibles gratuitement en pharmacie pour les moins de 26 ans sur présentation de la carte vitale et sur simple demande pour les mineurs. Pour les 26 ans et plus, certains préservatifs sont pris en charge par l’Assurance Maladie à 60 % sur prescription médicale6.
Il est également possible pour toutes et tous de se procurer gratuitement des préservatifs externes dans les centres de santé sexuelle, dans les CeGIDD (Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic) et dans les associations de lutte contre le VIH6.
Important
La rupture du préservatif externe ou masculin lors d’un rapport doit entraîner la prise d’une contraception d’urgence le plus tôt possible5.
Le préservatif interne ou féminin5
Le préservatif interne ou féminin est composé d’une gaine non réutilisable en nitrile, en polyuréthane ou en latex munie d’un anneau souple à chaque extrémité.
Il est adapté à la morphologie de l’organe sexuel féminin.
L’anneau fermé est placé profondément à l’intérieur du vagin et maintient le préservatif en place pendant les rapports sexuels. L’anneau ouvert recouvre les parties génitales externes (grandes lèvres).
Il empêche le contact du sperme avec les voies génitales féminines.
Il peut être mis en place plusieurs heures (jusqu’à 8 heures) avant un rapport sexuel.
Il doit être changé à chaque rapport sexuel.
Le préservatif interne ou féminin nécessite une bonne technique de mise en place pouvant paraître contraignante.
On peut l’obtenir sans ordonnance dans les pharmacies et gratuitement auprès du planning familial.
Important
En cas de déchirure ou de fausse route, l’utilisation d’une contraception d’urgence est nécessaire.
Bon à savoir
Certains préservatifs féminins sont pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, sans ordonnance ni minimum d’âge, pour les moins de 26 ans. Pour les personnes de plus de 26 ans, ils sont remboursés à hauteur de 60 % sur prescription d’un médecin ou d’une sage-femme.
Le diaphragme7
Le diaphragme est une coupelle souple (en latex ou en silicone) d’environ 7 centimètres de diamètre qui se glisse dans le vagin, au contact du col de l’utérus, pour empêcher le passage des spermatozoïdes vers l’intérieur de l’utérus.
Il peut être posé au moment du rapport sexuel, juste avant la pénétration, mais aussi jusqu’à deux heures plus tôt.
Il doit être utilisé en association avec des spermicides pour une meilleure efficacité.
Après le rapport sexuel, il doit être laissé en place 8 heures minimum et 24 heures maximum.
Il peut être réutilisé pendant 2 ans, à condition d’être lavé après chaque utilisation (à l’eau et au savon neutre).
La pose du diaphragme est sans douleur.
Avant d’acheter un diaphragme, il faut déterminer la taille nécessaire (variable selon la femme) avec l’aide d’un professionnel de santé qui connaît la méthode (médecin ou sage-femme). Aujourd’hui, on peut également trouver des diaphragmes en taille unique, adaptés à toutes.
Le diaphragme est gratuit et sans avance de frais pour les moins de 26 ans.
La cape cervicale8
La cape cervicale est une coupelle souple en latex ou silicone de 2 à 3 centimètres de diamètre. Elle se glisse dans le vagin, au contact du col de l’utérus, pour empêcher le passage des spermatozoïdes vers l’intérieur de l’utérus. Elle est plus petite que le diaphragme.
La cape cervicale peut être posée au moment du rapport sexuel mais aussi jusqu’à 2 heures avant le rapport sexuel.
Elle doit être utilisée en association avec des spermicides pour une meilleure efficacité.
Après le rapport sexuel, elle doit être laissée en place pendant 8 heures minimum et 24 heures maximum.
La cape peut être réutilisée pendant un an, à condition d’être lavée après chaque utilisation (à l’eau et au savon neutre).
La pose de la cape cervicale est sans douleur.
Les spermicides9
Les spermicides sont des substances qui rendent inactifs ou détruisent les spermatozoïdes.
On les utilise sous forme de crèmes, de gel, d’ovules ou d’éponges insérés au fond du vagin.
On peut les utiliser seuls mais il est fortement recommandé de les utiliser en association avec une méthode dite "barrière" comme le préservatif (externe ou interne), le diaphragme ou la cape cervicale afin d’être protégée de manière plus efficace.
Leur efficacité est très aléatoire.
Les ovules, les crèmes et gels sont efficaces pendant les 60 minutes qui suivent l’application. Il peut être nécessaire de renouveler l’application. Les éponges sont efficaces immédiatement et jusqu’à 24h après l’application.
Pour être efficace, l’éponge doit rester en place pendant au minimum 6h après la dernière éjaculation à l’intérieur du vagin.
Ils ne protègent pas contre les infections sexuellement transmissibles (IST).
Important :
Quel que soit le spermicide utilisé, il ne faut pas utiliser de savon pendant 6 à 8 heures après le rapport car le savon (quel qu’il soit) peut inactiver les spermicides.
Les méthodes naturelles de contraception
Les méthodes naturelles n’ont pas recours à des moyens médicaux intervenant sur le cycle menstruel ou l’appareil génital10.
Elles ne protègent pas contre les infections sexuellement transmissibles (IST)10.
Elles sont généralement moins efficaces à l’usage que les méthodes médicalisées11.
Ces méthodes de contraception demandent un long temps d’apprentissage et sont contraignantes pour les deux partenaires11.
La plupart nécessitent d’avoir des cycles réguliers et ne sont donc pas adaptées aux adolescentes ou aux femmes en périménopause11.
Bon à savoir
De nombreuses femmes rejettent les méthodes de contraception hormonales et ont recours à des méthodes de contraception dites « naturelles » dont l’efficacité est souvent moins élevée que celle des méthodes médicalisées. En effet, la plupart des méthodes ont des risques d’échec plus élevés que les méthodes médicalisées notamment en raison de nombreux facteurs (stress, fatigue, troubles du sommeil) qui peuvent décaler la période d’ovulation1.
Le retrait10
L’objectif est de ne pas éjaculer dans le vagin.
Pour cela, l’homme se retire du vagin de sa partenaire avant d’avoir éjaculé en veillant à ne pas le faire à l’entrée du vagin au niveau de la vulve.
La méthode des températures10
Elle nécessite la prise de la température corporelle chaque matin au lever de manière à identifier la légère élévation de température qui a lieu à partir de l’ovulation (0,2 à O, 5 °C).
Les rapports sexuels vaginaux ne sont possibles qu’après cette période d’élévation thermique.
La méthode Billings de la glaire cervicale10
Elle s’appuie sur l’observation de l’aspect de la glaire cervicale qui varie en fonction des périodes du cycle : au moment de l’ovulation, la glaire est abondante, fluide et filante, permettant le passage des spermatozoïdes.
Les rapports sexuels vaginaux sont évités jusqu’à 4 jours après l’apparition de cette glaire fluide et filante.
La méthode Ogino du calendrier10
Elle consiste à éviter les rapports sexuels durant la période de fertilité, pour les femmes ayant des cycles très réguliers.
Les trousses de prédiction de l’ovulation10
Elles mesurent la concentration de l’hormone lutéinisante (LH) dans l’urine.
Cette hormone est toujours présente en petites quantités dans l’urine, mais elle grimpe en flèche dans les 24 à 48 heures avant l’ovulation. Les rapports sexuels vaginaux sont évités lors de cette période d’ovulation.
La méthode Mama pour les jeunes mamans qui allaitent10
Si vous allaitez, la méthode MAMA (c’est-à-dire méthode de l’allaitement maternel et de l’aménorrhée) est une méthode naturelle.
La tétée du bébé entraîne la production d’une hormone chez la mère : la prolactine. Cette hormone bloque l’ovulation.
Pour que cette méthode soit efficace trois conditions doivent être respectées :
-l’enfant doit avoir moins de six mois ;
-il doit être nourri exclusivement au sein, à la demande, nuit et jour (6 à 10 tétées par jour, avec pas plus de 6 heures entre 2 tétées la nuit et pas plus de 4 heures le jour) ;
-vous ne devez pas avoir eu de règles depuis l’accouchement. Attention : si le nombre de tétées diminue, la contraception n’est plus assurée.
Idées reçues
Idée reçue 1
Quand on fait du sport, le DIU peut bouger
Faux : Tous les sports sont permis lorsqu’on est porteuse d’un DIU. Aucun effort physique n’est susceptible de le déplacer3
Idée reçue 2
Pour plus de sécurité, on peut doubler les préservatifs
FAUX : Il ne faut jamais mettre deux préservatifs l’un sur l’autre. Le préservatif externe ne doit pas non plus être utilisé en même temps qu’un préservatif interne6
L'essentiel à retenir
La contraception de type barrière, c’est quoi ?
Les préservatifs masculin et féminin, le diaphragme, la cape cervicale et les spermicides sont des moyens de contraception barrières car ils visent à empêcher le passage des spermatozoïdes vers l’intérieur de l’utérus5.
La stérilisation à visée contraceptive, qu’est-ce que c’est1 ?
Chez la femme c’est la « ligature des trompes ». C’est une opération qui permet de « boucher » les trompes de Fallope, empêchant les ovules de migrer vers l’utérus1. Chez l’homme c’est la vasectomie. Cette opération est pratiquée par un urologue et permet d’empêcher le passage des spermatozoïdes1. La stérilisation doit être considérée comme une méthode définitive, en effet il est difficile, voire impossible, de revenir en arrière par la suite. Ce type de contraception ne peut être pratiqué sur une personne mineure.
Comment utilise-t-on un diaphragme2 ?
Le diaphragme (en latex ou en silicone) est une méthode contraceptive non hormonale. Il se glisse dans le vagin et empêche le passage des spermatozoïdes vers l’intérieur de l’utérus. Le diaphragme doit être placé au moment du rapport sexuel. Pour une meilleure efficacité, il doit être utilisé en association avec des spermicides.
Le diaphragme peut être utilisé plusieurs fois à condition d’être lavé après chaque utilisation.
À quoi sert une cape cervicale5 ?
C’est un dôme très fin en silicone, réutilisable, à placer au niveau du col de l’utérus avant le rapport sexuel. Elle fait barrage aux spermatozoïdes. Elle doit être utilisée avec des spermicides et rester en place pendant 8 heures après le rapport sexuel. Une fois retirée, elle est lavée et peut être réutilisée plusieurs fois.
Que sont les spermicides5 ?
Les spermicides détruisent ou inactivent les spermatozoïdes. Ils ont diverses présentations : crème, gel, ovule médicamenteux qui se placent au fond du vagin avant le rapport sexuel. Lorsqu’ils sont utilisés avec un diaphragme ou une cape cervicale, ils en améliorent l’efficacité contraceptive.
Quelle est la particularité des méthodes naturelles de contraception10 ?
Les méthodes naturelles de contraception n’utilisent aucun moyen médical et consistent à éviter les rapports sexuels fécondants en période d’ovulation. Elles reposent sur l’abstinence périodique et le retrait. Elles ont un taux d’échec considéré comme élevé.
La méthode Ogino est-elle efficace11 ?
Il s’agit de l’une des méthodes naturelles les moins efficaces, car elle ne tient pas compte de la physiologie du cycle féminin. Elle repose sur le comptage des jours du cycle dans le but de repérer la période fertile (pendant laquelle un risque de fécondation existe). Cette méthode repose sur l’hypothèse fausse que l’ovulation a toujours lieu au même moment. Elle suppose aussi que la période fertile du cycle démarre 4 jours avant l’ovulation alors qu’en réalité, les spermatozoïdes peuvent survivre jusqu’à 5 jours dans le tractus génital féminin.
Sources
1 - LIVI - Contraception sans hormones – 24-05-2023 – Lien de la page – Consulté le 18-11-2025 | 2 - LIVI - Contraception - 10 alternatives à la pilule – 07-04-2025 – Lien de la page - Consulté le 18-11-2025 | 3 - Ameli.fr - La contraception par stérilet ou dispositif intra-utérin (DIU) – 26-02- 2025 – Lien de la page – Consulté le 17-12-2025 | 4 - Question sexualité - La contraception définitive : comment ça marche ? – Lien de la page -Consulté le 18-11-2025 | 5 - Ameli.fr - Les contraceptifs barrières : préservatif, diaphragme, cape cervicale et spermicides 09- 04-2025 – lien de la page - Consulté le 17-12-2025 | 6 - Question sexualité - Le préservatif externe ou « masculin » : comment ça marche ? Lien de la page - Consulté le 18-11-2025 | 7 - Question sexualité - Le diaphragme : comment ça marche ? – Lien de la page - Consulté le 17-12-2025 | 8 - Question sexualité - La cape cervicale : comment ça marche ? Lien de la page - Consulté le 18-11-2025 | 9 - Question sexualité Les spermicides : comment ça marche ? Lien de la page - Consulté le 18-11-2025 | 10 Ameli.fr - Les méthodes naturelles de contraception 01-10-2025 – lien de la page -Consulté le 18-11-2025 | 11 - Question sexualité - Que sont les méthodes naturelles ? Lien de la page - Consulté le 17-12-2025
PO-03747-12/25