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Don d’organes : que savez-vous vraiment ?
Le don d’organes, comment ça se passe ? Qui peut donner ? Dans quelles conditions ? Pour tester vos connaissances, faites le test.
Sommaire
- En France, on considère, par principe, que tout le monde est donneur1
- Les mineurs aussi peuvent être donneurs1
- On peut s’opposer au don d’organe
- Après un décès, tous les organes peuvent être prélevés et greffés1
- En France, il n’y a pas assez de donneurs
- En France le don d’organe est strictement encadré par la loi
- On peut prélever des organes dans toutes les circonstances1 ?
- On peut décider de donner certains organes et d’autres pas
- À la mort de la personne, on ne demande pas l’avis à la famille2
- Donner ses organes et donner son corps à la science c’est pareil ?
- À l'annonce du décès, le corps est maintenu artificiellement en état de fonctionner3
- On ne peut pas récupérer le corps du défunt
- Pour un don vivant, on doit désigner la personne à qui on donne un organe1
En France, on considère, par principe, que tout le monde est donneur1
Vrai
Au nom de la solidarité nationale, c'est le principe du "consentement présumé" qui a été choisi. Chacun est donc considéré comme présumé donneur d’organes et de tissus sauf si la personne a exprimé de son vivant le refus de donner.
Les mineurs aussi peuvent être donneurs1
Vrai
Le don d’organes est possible à n’importe quel âge. Les enfants mineurs peuvent être donneurs d'organes. Toutefois, la loi en France indique que si la personne décédée est un mineur, le don d'organes et de tissus ne peut avoir lieu qu'à la condition que chacun des titulaires de l'autorité parentale ou le tuteur y consente par écrit. En cas d'impossibilité de consulter l'un des titulaires de l'autorité parentale, le don d'organes et de tissus peut avoir lieu à condition que l'autre titulaire y consente expressément par écrit.
On peut s’opposer au don d’organe
Vrai
Toute personne peut s’opposer au don de ses organes ou de ses tissus. La loi prévoit trois moyens pour exprimer son refus :
le Registre national des refus géré par l’Agence de la biomédecine
un refus par écrit daté et signé remis aux proches
un refus par oral retranscrit par les proches sur un écrit signé2.
À noter :
À partir de 13 ans, un mineur souhaitant s'opposer au prélèvement de ses organes peut s'inscrire au registre national des refus3.
Après un décès, tous les organes peuvent être prélevés et greffés1
Faux
En France, on peut donner à la fois des organes : le rein, le foie, le cœur, les poumons, le pancréas et des parties de l’intestin… mais aussi ce qu’on appelle des tissus humains. Il peut alors s’agir des os, des artères, des valves cardiaques, la cornée de l'œil, des veines, de la peau, des tendons ou des ligaments.
Ces organes ou tissus sont prélevés au moment du décès du donneur.
En France, il n’y a pas assez de donneurs
Vrai
Actuellement en France, le nombre de donneurs est inférieur au besoin, si bien que chaque année, on dénombre 700 décès de malades en attente de greffe2
En France le don d’organe est strictement encadré par la loi
Vrai
Depuis la loi du 22 décembre 1976 (loi Caillavet), chacun est présumé donneur, sauf en cas de refus exprimé de son vivant. Ce principe a été réaffirmé par la loi de modernisation du système de santé du 26 janvier 20164.
Les trois grands principes énoncés par la loi de bioéthique en décembre 1976 sont2 :
• Le « consentement présumé » : en France, la loi repose sur le principe de solidarité nationale. De ce fait, elle indique que nous sommes tous présumés donneurs mais laisse chacun libre de s’opposer au prélèvement des organes et des tissus en totalité ou en partie.
• La gratuité : le don d’organes est un acte de générosité et de solidarité entièrement gratuit. La loi interdit toute rémunération en contrepartie de ce don.
• L’anonymat : le nom du donneur ne peut être communiqué au receveur, et réciproquement. La famille du donneur peut cependant être informée des organes et tissus prélevés ainsi que du résultat des greffes, si elle le demande4.
On peut prélever des organes dans toutes les circonstances1 ?
Faux
Les prélèvements sont réalisés sur des personnes décédées à l’hôpital après un traumatisme crânien, un accident vasculaire cérébral ou parfois après un arrêt circulatoire. Le prélèvement d’un ou plusieurs organes ou tissus est envisagé après le constat du décès.
On peut décider de donner certains organes et d’autres pas
Vrai
Le donneur potentiel peut, selon le même processus que lors d’un refus total, exprimer le souhait de ne donner que certains organes et tissus soit via le registre national des refus, soit par oral ou écrit auprès de ses proches. Ainsi, seuls les organes et tissus que l’on souhaite donner seront prélevés au moment de sa mort1.
Le cas des dons du vivant1
D’autres organes et tissus peuvent être donnés de son vivant car ils n’empêchent pas au donneur de vivre correctement sans. Il peut s'agir essentiellement du rein, seul organe qu’on peut donner en entier, ou d’une partie de foie (le lobe de foie).
C’est aussi le cas de la tête du fémur qui peut être prélevée lors d’une opération de la hanche pour la pose d’une prothèse de remplacement.
À la mort de la personne, on ne demande pas l’avis à la famille2
Faux
Lorsqu’une personne décède à l’hôpital, la cellule de coordination de prélèvement d’organes de l’établissement se rapproche de la famille pour se renseigner sur la volonté du défunt.
En l’absence d’opposition et lorsque les analyses de laboratoire et examens d’imagerie montrent une bonne qualité des greffons, le prélèvement est effectué par une équipe spécialisée. Les organes sont conditionnés dans des conteneurs spécifiques puis transportés très rapidement vers les hôpitaux où auront lieu les greffes.
Quant aux tissus, ils seront conservés dans des banques de tissus qui en gèrent la distribution.
Donner ses organes et donner son corps à la science c’est pareil ?
Faux
Les dons d’organes doivent être distingués du « don du corps à la science ». Donner son corps à la science revient à léguer son corps à un établissement de formation et de recherche ou de santé autorisé le plus proche de son domicile pour que les étudiants apprennent l’anatomie1.
À l'annonce du décès, le corps est maintenu artificiellement en état de fonctionner3
Vrai
À l'annonce du décès, votre corps est maintenu artificiellement en état de fonctionner. Des analyses biologiques sont réalisées pour identifier les compatibilités possibles avec des profils de personnes en attente de greffe.
La procédure peut être interrompue à tout moment pour raisons médicales (dégradation de l'état des organes) ou sur la connaissance d'un indice du désaccord exprimé de votre vivant.
On ne peut pas récupérer le corps du défunt
Faux
Le prélèvement est un acte chirurgical effectué au bloc opératoire, dans les mêmes conditions et avec le même soin que pour une personne en vie. Les incisions sont refermées et recouvertes par des pansements. Si les cornées sont prélevées, elles sont remplacées par des lentilles transparentes. Après l’opération, le corps est habillé et restitué à la famille qui peut réaliser les obsèques selon les souhaits du défunt4.
Aucune trace de l'intervention n'est apparente1.
Bon à savoir
Aucun frais n'est demandé à la famille du défunt1.
Pour un don vivant, on doit désigner la personne à qui on donne un organe1
Vrai
En France, le don vivant est très encadré. On ne peut pas le faire de façon désintéressée sans désigner le destinataire. Celui-ci doit faire partie de l’entourage du donneur.
Le cercle des donneurs vivants d’organes comprend le père ou la mère et, par dérogation, un fils ou une fille, un frère ou une sœur du receveur, son conjoint, ses grands-parents, oncles ou tantes, cousins germains et cousines germaines ainsi que le conjoint du père et de la mère. Le donneur peut également être toute personne apportant la preuve d’une vie commune d’au moins deux ans avec le receveur ainsi que toute personne pouvant apporter la preuve d’un lien affectif étroit et stable depuis au moins deux ans avec le receveur.
L'essentiel à retenir
Quelles sont les 3 grands principes de la loi sur le don d’organe lors du décès2?
• Le consentement présumé : tout défunt est donneur sauf s’il a exprimé son refus de son vivant. Cette opposition peut être inscrite au registre national des refus tenu par l’Agence de biomédecine.
• La gratuité du don : il s’agit d’un acte de générosité et de solidarité, toute rémunération en contrepartie est interdite.
• L’anonymat entre le donneur et le receveur : le nom du donneur ne peut être communiqué au receveur, et réciproquement.
Comment le corps est-il rendu à la famille après le prélèvement d'organe3
Le médecin qui procède à un prélèvement d'organes sur une personne décédée doit assurer la meilleure restauration possible du corps.
Qu'est-ce que le consentement présumé3 ?
Si vous n'avez pas exprimé de choix au sujet du prélèvement de vos organes, votre consentement est présumé. Vous êtes donc donneur d'organe sauf si vous avez exprimé votre refus de votre vivant.
Avant tout prélèvement, il est donc procédé à la recherche d'informations pour savoir si vous avez émis un désaccord.
Don d’organe : que se passe-t-il si la personne décédée est un mineur3 ?
Le prélèvement ne peut avoir lieu qu'à la condition que chacune des personnes investies de l'exercice de l'autorité parentale (par exemple : parents, tuteur) donne son accord par écrit.
S'il n'est pas possible de consulter l'un des parents, le prélèvement peut avoir lieu à condition que l'autre parent donne son accord par écrit.
Peut-on refuser de donner ses organes4 ?
Toute personne peut s’opposer au don de ses organes ou de ses tissus, partiel ou total, de son vivant. La loi prévoit trois moyens pour exprimer son refus : l’inscription sur le registre national des refus (accessible en ligne), le courrier de refus remis à ses proches, le refus oral transmis à ses proches qu’il faudra néanmoins faire retranscrire le jour du décès.
Sources
1 - Agence Régionale de Santé Auvergne-Rhône-Alpes - Don et greffe d’organes et de tissus : ce qu’il faut savoir - 30-06-2025 - Lien de la page – Consulté le 13-03-2026 | 2 - Agence Régionale de Santé Nouvelle-Aquitaine - Don et greffe d’organes et de tissus -17-11- 2025 – Lien de la page – Consulté le 13-03-2026 | 3 - Service public - Don d'organe : prélèvement lors du décès – 22-01-2025 – Lien de la page – Consulté le 13-03-2026 | 4 - L'hôpital Bichat - Claude-Bernard - Foire aux questions sur le don d’organes et de tissus – 24-12-2024 – Lien de la page – Consulté le 13-03-2026
PO-03991-04/26