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La DMLA à la loupe

En France, la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) touche 25 à 30 % des plus de 75 ans1. Le point sur la maladie, ses symptômes et traitements. 

Publié le : 18-06-2026

Qu’est-ce que la DMLA ? 

La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est une maladie de la rétine d’origine multifactorielle qui concerne les plus de 50 ans. Elle correspond à une dégradation d’une partie de la rétine – la macula – et peut mener à la perte de la vision central1

La DMLA est une maladie très invalidante et chronique. Cependant, elle ne rend jamais totalement aveugle puisque la partie périphérique de la rétine reste intacte : la DMLA épargne la vision périphérique2

Bon à savoir : 

Après atteinte du premier œil, il existe un risque accru d'atteinte oculaire bilatérale, mais l'atteinte peut être asymétrique2.

La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est la première cause de handicap visuel chez les personnes de plus de 50 ans. Compte tenu de l’allongement de l’espérance de vie, l’incidence de la DMLA ne va cesser de croître dans les années à venir1.  

De la MLA à la DMLA2

La maladie débute par une phase précoce, sans dégénérescence, appelée maculopathie liée à l’âge (MLA ou « maculopathie sèche précoce »). Cette phase se caractérise par l’accumulation de petits dépôts de graisse blanchâtres (appelés « drusen »)  à l’intérieur et autour de la macula de la rétine. À cette phase, la personne ne se plaint de rien ou peut éventuellement percevoir des déformations des lignes droites  et des taches floues. 

Une MLA peut rester stable tout au long de la vie. Néanmoins, dans environ la moitié des cas, la MLA évolue en formes dégénératives tardives : la DMLA atrophique (la plus fréquente dans la population européenne âgée de plus de 65 ans) ou la DMLA humide. 
 

La DMLA atrophique ou « sèche »

La DMLA sèche correspond à un amincissement anormal de la macula et une disparition progressive des cellules spécialisée équipées de photorécepteurs. Ce processus génère des trous de taille croissante dans la macula, visibles par une simple observation de la rétine par fond d’œil. Elle provoque une altération lente (en 5 à 10 ans) et progressive de la vision centrale.
 

La DMLA exsudative ou « humide » 

La DMLA humide se caractérise par le développement anormal de vaisseaux sanguins (appelés néo-vaisseaux) dans la macula. Ces vaisseaux anormaux sont fragiles et laissent diffuser du sérum ou du sang qui perturbent l’organisation de la rétine et détruisent les photorécepteurs avec perte sévère de l'acuité visuelle. Ils peuvent également laisser échapper du sang provoquant des hémorragies rétiniennes. 

Le saviez-vous ?  

La DMLA affecte un seul œil ou les deux. Des formes mixtes peuvent être observées avec un œil présentant une DMLA sèche et l'autre une DMLA humide2

DMLA : des causes multiples1

Plusieurs facteurs capables de favoriser le processus dégénératif associé à la DMLA ont été identifiés : 

 

Le facteur le plus important est l’âge : l’incidence de la maladie serait de 0,3 pour 1 000 personnes âgées de 55 à 59 ans contre 5,7 pour 1 000 chez les personnes âgées de 75 à 79 ans et même 36,7 chez les personnes au-delà de 90 ans. 

 

La DMLA a en outre une très forte composante héréditaire liée à des facteurs de susceptibilité génétique : le risque de développer une DMLA est quatre fois plus important chez les personnes dont un parent ou un membre de la fratrie est atteint.  

 

Il existe également des facteurs de risque environnementaux, potentiellement modifiables.  

  • Le tabagisme est fortement associé à la DMLA : il augmente le risque de survenue de la maladie d’un facteur 3 à 6.  

  • L’obésité double également le risque de DMLA.  

  • L’alimentation pourrait jouer un rôle : des apports riches en acides gras polyinsaturés, notamment en oméga 3 (présents dans les poissons gras du type saumon, thon et maquereau), ainsi qu’en fruits et légumes (riches en zéaxanthine et lutéine) semblent bénéfiques.  

 

D’autres facteurs de risque comme une exposition excessive à la lumière sont discutés. Certaines longueurs d’onde de la lumière bleue sont toxiques pour les cellules de la rétine et pourraient favoriser la DMLA.  

Quels sont les symptômes de la DMLA3 ? 

Après des années d'évolution d'une MLA, les premiers symptômes de la DMLA apparaissent et ils sont souvent discrets : 

  • une déformation des objets et des lignes droites, qui paraissent ondulées ou courbes ;  

  • une diminution de l’acuité visuelle dans la partie centrale du champ de vision, avec difficulté à percevoir les détails. Ce trouble apparaît pour la vision de près comme de loin. La perte est souvent très progressive. Mais elle est parfois brutale, dans la forme humide (ou exsudative de la DMLA). En revanche, le champ visuel périphérique n’est pas perturbé ; 

  • l’apparition d’une ou plusieurs petites taches sombres ou noires (appelées scotomes) au centre du champ de vision ; 

  • une diminution de la sensibilité aux contrastes : impression de lumière insuffisante, ou d’images ternes ou jaunies ;  

  • une gêne en vision nocturne ;  

  • des difficultés à la lecture avec besoin de plus de lumière ;  

  • une sensation d’éblouissement ;  

  • des modifications de la vision des couleurs. 

Après 50 ans, évaluez votre vision régulièrement et chez vous grâce au test d'Amsler 

Ce test, composé d'une grille, peut vous aider à mettre en évidence des symptômes évocateurs de DMLA. Téléchargez la grille en cliquant ici.
 

Comment faire le test ? 

Placez-vous à environ 25 cm de la grille. Gardez vos lunettes correctrices ou vos lentilles si vous en portez. Couvrez un œil avec la paume de votre main et fixez le point central de la grille. Effectuez le test un œil après l'autre. Si vous voyez des lignes déformées, qui paraissent ondulées ou courbes, des tâches sombres au centre de votre vision ou une diminution de l’acuité visuelle, prenez rapidement rendez-vous avec votre ophtalmologue (moins d'une semaine)3

DMLA : quelle progression3 ? 

Aux stades avancés, une personne atteinte de DMLA conserve une vision d’ensemble, mais ne voit plus les détails. Le centre de l’image devient flou. Toutefois, elle peut poursuivre ses activités quotidiennes en se servant de la vision périphérique. Elle apprend à ajuster le regard autour du point central qui est flou. Cependant, ces troubles de la vision sont souvent à l'origine de chutes surtout chez les personnes âgées. 

 

Si un seul œil est atteint, il arrive que des patients ne remarquent pas de modification de leur vision. Lorsque les deux yeux sont touchés, ils ne peuvent alors ni lire, ni conduire, ni voir de détails. 

Le diagnostic de la DMLA4

Les médecins peuvent habituellement diagnostiquer la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) en examinant l’œil à l’aide d’un ophtalmoscope (en diffusant une lumière à travers une loupe et vers le fond de l’œil). Les lésions de la rétine sont presque toujours visibles même avant l’apparition des symptômes. Pour confirmer le diagnostic de forme exsudative de DMLA, les médecins peuvent prendre des photos en couleur de la rétine ou réaliser une angiographie à la fluorescéine. La tomographie à cohérence optique (examen d’imagerie) peut souvent aider à poser le diagnostic de forme exsudative de DMLA et évaluer la réaction du patient au traitement. 

Le traitement de la DMLA 

Pour l’instant, il n’existe aucun traitement qui puisse réparer les lésions causées par la forme atrophique de la DMLA4.  

Une supplémentation en antioxydants (vitamines C et E), en certains minéraux (zinc, sélénium), ainsi qu’en lutéine et zéaxanthine peut néanmoins ralentir faiblement la progression de cette forme de DMLA1.  

 

Des traitements existent pour la DMLA humide permettant de ralentir son évolution. Une surveillance est nécessaire en raison du risque d'aggravation rapide2

 

Plusieurs médicaments de la famille des inhibiteurs du VEGF permettent de contrôler l’évolution de la DMLA humide. Ils ciblent le VEGF (Vascular endothelial growth factor), un facteur de croissance qui favorise la formation de vaisseaux sanguins1

 

Ces médicaments sont injectés directement dans l’œil (par voie intravitréenne) selon un rythme déterminé par l’ophtalmologue en fonction de la molécule et du patient : le schéma d’injection choisi peut être régulier (mensuel ou bimestriel) ou variable, adapté à l’évolution de la maladie1.  

 

Une rééducation orthoptique est également utile pour aider les personnes atteintes de DMLA à conserver une autonomie. Elle leur permet de développer des stratégies d’adaptation à leur baisse de vision et peut être associée à des aides techniques optiques (loupes, lumières…)1


L’hygiène de vie, part incontournable du traitement1

Parce qu’elle permet d’accroître le taux d’antioxydants et de diminuer une inflammation excessive, une bonne hygiène de vie, est recommandée pour prévenir la survenue et ralentir l’aggravation d’une DMLA. Adopter de meilleures habitudes est bénéfique même lorsque la DMLA est déjà apparue : pratiquer une activité physique quotidiennement, s’abstenir de fumer, avoir une alimentation saine et variée, ainsi qu’un poids « normal » sont des mesures importantes et sous-estimées pour freiner la progression de maladie.  

La supplémentation en vitamines antioxydantes et en oligominéraux pourrait réduire l’évolution d’une MLA en DMLA et diminuer le risque de bilatéralisation de la maladie : elle est parfois proposée après le diagnostic.

Vivre avec la DMLA5

Un suivi médical régulier est indispensable pour surveiller la DMLA et en freiner l'évolution lorsque cela est possible. 


Le suivi ophtalmologique

Le suivi médical de la DMLA, qu'elle soit humide ou sèche, est assuré par votre ophtalmologiste, en coordination avec votre médecin traitant. 

Les objectifs de la prise en charge de votre maladie sont de freiner son évolution et, si besoin, de vous aider à vivre avec une déficience visuelle, sur les plans : 

  • pratique (pour pallier votre handicap visuel dans vos activités quotidiennes) ; 

  • psychologique (la malvoyance est parfois difficile à accepter) ;  

  • social si nécessaire (par exemple, si vous ne pouvez plus exercer votre profession). 

N’oubliez pas les consultations de suivi et les examens de contrôle (fond d'œil, tomographie par cohérence optique ou OCT...) même en l’absence de nouveaux symptômes. 

Le bon réflexe 

Effectuez une autosurveillance chaque semaine à l'aide de la grille d'Amsler et consultez sans délai (délai inférieur à une semaine) votre ophtalmologiste en cas de nouveau symptôme qui vous inquiète soit sur l’œil atteint soit sur l’œil non encore atteint. N'attendez pas votre prochain rendez-vous pour lui en parler5

La vie au quotidien avec une dégénérescence maculaire liée à l'âge5 

Au stade de malvoyance, vous devez organiser votre vie quotidienne en adoptant de nouvelles habitudes pratiques et techniques, et en faisant appel à des professionnels spécialisés. 

 

Votre ophtalmologiste et votre médecin traitant sont là pour vous expliquer votre maladie. Ils vous accompagnent dans votre démarche d’adaptation. 

  • L’opticien vous aide à choisir les aides parmi les aides optiques servant à améliorer la qualité et la taille de l’image reçue par la rétine (lunettes, loupes, télé agrandisseurs, etc.) Les aides techniques (éclairage, pupitre de lecture, etc.) vous permettent de mieux adapter l’environnement à votre déficience visuelle. 

  • Si c’est utile, un professionnel (psychologue, psychiatre) peut vous apporter un soutien psychologique. 

  • Grâce aux associations de patients, vous ne vous sentez pas isolé. Elles vous permettent d’avoir une source d’information complémentaire, de rencontrer et d’échanger avec d’autres personnes atteintes de DMLA. 

  • La rééducation basse vision devient nécessaire quand l’acuité visuelle atteint 1/10ème. Elle permet de reprendre des activités de lecture et d’écriture, ainsi que des activités du quotidien (déplacements, activités domestiques, de loisir) impactées par la perte des capacités visuelles et d'acquérir rapidité et endurance dans ces tâches. 

Le témoignage de Micheline C. 

"Il y a 2 ans, l’ophtalmologue m’a appris que je souffrais de DMLA. C’est un vrai choc et, ce qui me peine le plus, c’est de ne plus pouvoir conduire. Pourtant j’ai de la chance car pour l’instant, un seul œil est touché et c’est une DMLA humide. On me fait des injections et cela semble retarder la progression de la maladie. Avant la première piqûre, j’avais peur d’avoir mal mais je tiens à préciser que ce n’est pas douloureux (un collyre endort la zone)."

L'essentiel à retenir

Qu’est-ce que la macula2 ?  

La rétine est une fine membrane qui tapisse le fond de l’œil. Elle transforme les images qu'elle reçoit en signaux nerveux qu’elle transmet au cerveau par le nerf optique. Sa partie centrale appelée macula est composée de cellules spécialisées équipées de photorécepeurs permettant de voir les détails fins (lecture de petits caractères et reconnaissance des traits du visage par exemple) et de distinguer les couleurs dans la partie centrale de l’image. Si la macula est abimée, la vision centrale est floue et imprécise tandis que la vison périphérique ou de côté est conservée. 

 Qu’est-ce qui se produit dans l’œil en cas de DMLA  sèche4 ?  

La forme atrophique de la DMLA entraîne un amincissement des tissus de la macula à mesure que les cellules disparaissent (atrophie). Les déchets des bâtonnets et des cônes forment des dépôts dans la rétine (structure transparente et sensible à la lumière située à l’arrière de l’œil) appelés druses (taches jaunes). Les deux yeux peuvent être touchés simultanément par la forme sèche. Elle ne présente aucun signe de cicatrisation, d’hémorragie ou d’autre fuite de liquide dans la macula. 

Qu’est-ce qui se produit dans l’œil en cas de DMLA humide4 ?  

La forme exsudative de la DMLA se développe lorsqu’une croissance anormale de vaisseaux sanguins apparaît à partir de la choroïde (couche de vaisseaux sanguins qui se situe entre la rétine et la couche externe blanche appelée sclère) sous la macula et qu’il y a une fuite de sang et de liquide (d’où le terme « humide »). Au stade ultime, un amas de tissu cicatriciel se forme sous la macula. La forme exsudative apparaît d’abord dans un oeil, mais finit par affecter 

les deux yeux. 

Comment se manifeste la DMLA1 ?  

Selon la forme clinique et le stade de la maladie, les manifestations de la DMLA peuvent être discrètes, se traduisant par une légère déformation de certains objets (lignes droites qui apparaissent comme gondolées). Cependant, la sensibilité à la lumière diminue progressivement à mesure que les photorécepteurs disparaissent, ce qui conduit à une moins bonne vision dans des conditions de basse luminosité.  

À un stade plus avancé une baisse d’acuité visuelle et des difficultés à la lecture se développent, suivi de l’apparition de trous dans le champ de vision centrale (« scotomes »). Ce processus peut mener jusqu’à la perte de la vision centrale complète, mais la DMLA ne conduit jamais à la perte de la vision périphérique. 

Les deux DMLA progressent-elles de la même façon4?  

Non, dans la forme atrophique de la DMLA, la perte de la vision centrale survient lentement et sans douleur au fil des années. Dans la forme exsudative de la DMLA, la perte de la vision tend à progresser rapidement, habituellement en quelques jours ou quelques semaines, et peut être encore plus rapide si l’un des vaisseaux sanguins anormaux se rompt et provoque une hémorragie. 

Sources

1 - INSERM - Dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) - 26/04/2024 – Lien de la page – Consulté le 20-05-2026  | 2 - AMELI.fr -  Comprendre la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) 12-09-2025 – Lien de la page - Consulté le 20-05-2026  | 3 - AMELI.fr - Les symptômes et le diagnostic de la DMLA -12-09-2025 Lien de la page - Consulté le 20-05-2026 | 4 - Le manuel MSD (version pour le Grand Public) - Dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA)- 01-2026 -  Lien de la page  - Consulté le 20-05-2026  | 5 - AMELI.fr - DMLA : vivre avec sa maladie 12-09-2025 -  Lien de la page - Consulté le 20-05-2026

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