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Mieux connaître la contraception masculine
Les méthodes de contraception dite masculine sont peu développées et mal connues des personnes concernées et de la plupart des médecins en France1. Faisons le point.
Contraception masculine : une demande sociétale qui augmente1
Un nombre important de personnes concernées se posent la question des méthodes de contraception dite masculine, notamment en vue de répartir la charge mentale liée à la contraception ou en réponse aux limites des méthodes contraceptives féminines actuelles.
Le développement et l’information sur ces méthodes semblent essentiels, afin de permettre à toute personne de choisir de manière éclairée la méthode la plus adaptée à sa situation, de maîtriser sa fertilité et de limiter les grossesses non désirées.
Le saviez-vous ?
Différents travaux pointent la responsabilité excessive qui pèse sur les femmes en matière de contraception, par rapport à celle des hommes2.
Qu’appelle-t-on contraception masculine2 ?
La plupart des moyens contraceptifs aujourd’hui disponibles s’adressent aux femmes. Il n’existe en effet pour l’instant que trois formes de contraception masculine :
le retrait (ou coitus interruptus, une méthode peu efficace qui consiste à interrompre le rapport sexuel avant l’éjaculation),
la vasectomie (une intervention chirurgicale qui doit être considérée comme irréversible)
le préservatif masculin.
À noter
D’autres moyens de contraception masculine sont à l’étude.
Le préservatif externe1
Le préservatif est une fine membrane en latex ou en polyuréthane à usage unique, placée sur la verge en érection lors des rapports sexuels pour constituer une barrière physique entre le sperme éjaculé et les voies vaginales.
La méthode permet une réduction du risque de transmission d’un certain nombre d’infections sexuellement transmissibles (IST), si l’utilisation est correcte.
En France, la prévalence d’utilisation est de 15,5 %.
C’est une méthode modérément efficace : le risque de grossesse en utilisation pratique est de 13 % par an (risque théorique : 2 %/an).
Afin de réduire le risque d'échec, les règles d’utilisation sont de :
Vérifier la date de péremption et l’intégrité de l’emballage, avant de l’ouvrir à la main,
Placement correct : sur le pénis en érection avant tout contact entre le pénis et le corps du·de la partenaire, le dérouler sur toute sa longueur jusqu’à la base du pénis tout en pinçant le réservoir avec ses doigts,
Se retirer rapidement après éjaculation, avant la diminution de l’érection, en maintenant le préservatif à la base du pénis (afin d’éviter le risque de glissement), nouer et jeter le préservatif à la poubelle.
Utiliser un préservatif à chaque rapport, du début à la fin du rapport ; ne pas superposer 2 préservatifs ou de ne pas associer préservatif interne et externe (risque de rupture);
Préférez les préservatifs en latex sauf en cas d’allergie (taux de rupture significativement plus élevé avec le polyuréthane) ;
Utiliser un préservatif de taille adaptée, il doit recouvrir la verge en érection sur toute sa longueur, et l’anneau ne doit pas serrer la base (risque de rupture augmenté avec préservatif trop petit) ;
À noter
Le risque de rupture est augmenté en cas d’utilisation de lubrifiants à base de corps gras, traitement antifongique local à type d’ovules vaginaux.
Bon à savoir :
Certaines marques de préservatifs externes sont prises en charge à 100 % par l’Assurance maladie, sans ordonnance, pour les moins de 26 ans. Pour les 26 ans et plus, ces préservatifs sont pris en charge à hauteur de 60 %, sur prescription médicale, le reste pouvant être pris en charge par les mutuelles1.
Le retrait (coït interrompu) 1
Le retrait consiste à retirer le pénis en dehors du vagin avant l’émission du sperme. Il n’y a pas de protection contre les IST.
Le retrait est décrit comme une méthode peu efficace, avec un risque de grossesse en utilisation pratique d’environ 20 %.
Les motivations citées par les personnes concernées sont : l’absence d’hormone, l’accessibilité, la gratuité, la flexibilité de cette contraception et parfois le manque d’autres options.
Cette méthode peut avoir un caractère anxiogène car elle nécessite de la vigilance au cours du coït, ce qui peut diminuer la spontanéité des rapports et le plaisir sexuel.
La vasectomie1
La vasectomie est une méthode de contraception qui consiste à bloquer le passage des spermatozoïdes dans le sperme, via une intervention chirurgicale sur les canaux déférents. Ils sont sectionnés, ligaturés et/ou cautérisés.
Il s’agit d’une méthode très efficace (risque de grossesse en pratique : 0,15 %, risque théorique : 0,10 %) avec une fréquence faible d’effets indésirables impactant la qualité de vie.
La vasectomie est autorisée et réglementée en France depuis 2001 et elle est en nette augmentation : le nombre de vasectomies réalisées dans une année a été multiplié par 15 entre 2010 et 2022.
Une cryoconservation de sperme doit être proposée à chaque personne avant l’intervention.
Bon à savoir
La vasectomie est prise en charge à 70 % par l’Assurance maladie, sauf dépassement d’honoraires1.
Le taux de regret est estimé entre 5 et 10 %. Le principal frein à l’acceptabilité est le manque de sensibilisation, pouvant entraîner une perception négative de la méthode, comme l’idée qu’elle porterait atteinte à la virilité ou à la sexualité1.
La contraception thermique1
La contraception thermique par remontée testiculaire repose sur l’inhibition de la production de spermatozoïdes en augmentant la température testiculaire.
Les différents dispositifs :
le slip de remontée testiculaire (dispositif en coton avec un orifice annulaire sur l’avant.)
Le jockstrap : suspensoir formé de bandes élastiques et d’un anneau en matière textile, fixé à la taille par une ceinture.
L'essentiel à retenir
Non, il ne faut pas superposer 2 préservatifs de même qu’il ne faut pas associer préservatif interne et externe (risque de rupture).
Oui, il est important d’utiliser un préservatif de taille adaptée : il doit recouvrir la verge en érection sur toute sa longueur, et l’anneau ne doit pas serrer la base. Le risque de rupture est augmenté avec préservatif trop petit.
Plusieurs études ont montré que la vasectomie n’avait pas d’impact négatif sur les fonctions érectiles, l’éjaculation et la satisfaction sexuelle.