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Énurésie : que faire en cas de pipi au lit ?
Que se passe-t-il quand un enfant continue à faire pipi au lit après ses 5 ans ? Comment l’aider à passer le cap ? Le point sur l’énurésie.
Résumé
L’énurésie, communément appelée « pipi au lit », désigne une ou plusieurs mictions involontaires durant la nuit chez un enfant de plus de 5 ans1.
L’énurésie primaire, qui correspond au cas où l’enfant n’a jamais été propre la nuit pendant 6 mois d’affilée, est la plus fréquente. L’énurésie secondaire, marquée par le retour des “accidents” après une période de propreté nocturne de plus de 6 mois, est plus rare1.
Le traitement de l’énurésie repose sur des mesures qui visent à redonner confiance à l’enfant, à le responsabiliser et à encourager ses progrès2.
En cas d’échec des mesures simples, les systèmes d’alarme sonore peuvent aider l’enfant à percevoir qu’il est en train d’uriner. Leur usage, seul ou associé à des médicaments, peut être efficace2.
Qu’est-ce que l’énurésie ?
L’énurésie, communément appelée « pipi au lit », désigne une ou plusieurs mictions involontaires durant la nuit chez un enfant de plus de 5 ans1.
L’énurésie doit être prise en charge car elle retentit sur la vie de l’enfant et de sa famille entraînant une baisse de l’estime de soi pour l’enfant et des perturbations de la vie familiale et sociale3.
Le saviez-vous ?
La propreté nocturne s’acquiert généralement entre 2 et 5 ans. Avant cet âge, les accidents sont fréquents, notamment lorsque l’enfant a beaucoup bu (des boissons sucrées, par exemple), a oublié d’aller aux toilettes avant de se coucher, ou est trop fatigué pour se réveiller. C’est pourquoi on ne parle pas d’énurésie avant l’âge de 5 ans1.
Les différentes formes de l’énurésie nocturne3
L’énurésie peut se présenter sous différentes formes. Elles ont toutes en commun une émission d’urine non maîtrisée :
L’énurésie est primaire si elle n’a pas été précédée par une période où l’enfant a été propre pendant au moins six mois. C’est la forme la plus fréquente. Elle représente 75 % à 85 % des cas d’énurésie.
L’énurésie est secondaire s’il y a eu une période où l’enfant a été propre pendant au moins six mois. Elle débute habituellement entre cinq et sept ans.
L’énurésie nocturne de l’enfant peut être : régulière avec des fréquences plus ou moins élevées ; irrégulière ; intermittente avec de longues périodes sèches ; épisodique, si elle reste un accident isolé.
Quelques chiffres
Le pourcentage d’enfants présentant une énurésie nocturne baisse avec l’âge : 11 % des enfants entre 5 et 7 ans ; 2 à 3 % à l’adolescence3.
Quelles sont les causes de l’énurésie ?
Divers facteurs interviennent dans la survenue de l’énurésie nocturne.
L’énurésie nocturne primaire est favorisée par :
un retard dans le processus naturel de maturation du sphincter de la vessie. Le trouble disparaît souvent lorsque ce retard est rattrapé ;
une production trop importante d’urine au cours de la nuit (polyurie nocturne) due à une baisse de production de l’hormone antidiurétique ;
une vessie plus petite que la moyenne ;
des facteurs génétiques. Dans 30 à 60 % des cas, il existe d’autre cas dans la famille (père, mère, frères et sœurs, etc.) ;
des difficultés de réveil nocturne. L’enfant énurétique dort bien et, en comparaison avec les autres enfants, il se réveille plus difficilement en milieu de nuit ;
des facteurs médicaux autour de la naissance (prématurité, etc.) ;
un trouble avec déficit de l’attention et hyperactivité3.
L’énurésie nocturne secondaire peut être :
le signe d’un passage régressif ou d’un élément dépressif, en relation avec un événement : naissance d’un nouvel enfant, départ d’un proche, maladie dans la famille, stress traumatique, échec scolaire ;
accompagnée de ronflements, d’un sommeil agité avec des pauses respiratoires dans l’apnée du sommeil ;
associée à une polyurie (urines anormalement abondantes) et révéler un diabète de type 13.
Bon à savoir
Lorsque l’on soupçonne que des problèmes psychologiques sont peut-être à l’origine de l’énurésie nocturne, la consultation d’un pédopsychologue ou d’un pédopsychiatre peut se révéler utile. Demandez conseil à votre médecin2.
Les deux principales causes pour lesquelles les enfants font pipi au lit sont l’hyperactivité vésicale, la production d’une trop grande quantité d’urine la nuit1.
Zoom sur l’hyperactivité vésicale1
La vessie est un muscle qui, comme le cœur ou l’intestin, travaille « seul ». On ne peut pas la « commander ». Ce qui empêche les « fuites », ce sont les sphincters, ces muscles à la sortie de la vessie et dans le périnée, qui se contractent et ferment l’urètre, le petit tuyau qui part de la vessie.
Quand la vessie est hyperactive (pour des raisons que nous ignorons encore), elle se contracte très facilement, même quand elle est peu remplie. Les contractions sont parfois si violentes que les envies d’aller aux toilettes sont impérieuses, l’enfant ne peut pas attendre plus de quelques minutes et, quand les sphincters sont débordés, il y a des fuites. En pratique, c’est comme si la vessie avait une petite taille et une capacité réduite.
Zoom sur la production d’une trop grande quantité d’urine la nuit1
La nuit, la production d’urine est moindre que la journée (pour ne pas avoir à se lever !). C’est l’hormone antidiurétique (ADH) qui réabsorbe l’eau au niveau du rein. Chez certains enfants et adolescents, la production d’ADH existe mais n’est pas suffisante. Elle est dite « inappropriée ». L’urine est alors produite en grande quantité la nuit. C’est ce que l’on appelle une « polyurie ».
Bon à savoir
Les antécédents familiaux (chez les parents, grands-parents, fratrie, oncles et/ou tantes) sont très fréquents car ce problème est souvent héréditaire. C’est l’occasion pour vous, si vous avez été dans ce cas, de le dire à votre enfant… Cela lui fera plaisir et l’aidera !
Que faire quand son enfant fait pipi au lit2 ?
Expliquez-lui les causes possibles de son problème (concernant la vessie et le sommeil) en utilisant des mots qu’il comprend et en faisant, éventuellement, un dessin.
Précisez-lui qu’il n’est pas le seul à souffrir de ce problème et que d’autres enfants de sa classe sont probablement dans le même cas.
Ne dramatisez pas le pipi au lit. Ne le grondez pas et ne le punissez pas. On obtient de meilleurs résultats en se montrant patient, compréhensif et affectueux.
Ne le faites pas culpabiliser et évitez d’en parler devant des personnes étrangères au cercle familial proche.
Impliquez-le dans son traitement en lui faisant enlever les draps mouillés pour les mettre dans la machine à laver, sans en faire une punition. Faites-lui tenir un journal des jours secs et des jours humides qu’il montrera à son médecin. Encouragez une relation directe entre l’enfant et son médecin.
Simplifiez-vous la vie en utilisant des draps qui ne se repassent pas et protégez le matelas par une alèse imperméable.
Diminuez la quantité de boisson prise après 18 heures. Mais ne le privez pas de boire quand il a soif sous prétexte qu’il mouille son lit !
Veillez à ce qu’il aille aux toilettes avant de se coucher.
Dans la journée, incitez-le à aller régulièrement faire pipi et apprenez-lui à faire pipi en plusieurs fois (en arrêtant le jet). Cela lui montrera qu’il est capable de se contrôler.
Félicitez l’enfant ou donnez-lui une petite récompense chaque fois qu’il ne mouille pas le lit (par exemple une image à coller dans un cahier) ; cela peut avoir un effet positif, sans pour autant faire pression sur lui.
Placez des veilleuses dans sa chambre, les couloirs et les toilettes, pour rassurer l’enfant lorsqu’il se lève la nuit pour uriner.
Assurez-vous que votre enfant possède un espace personnel suffisamment vaste. Parfois, l’énurésie est liée à l’absence d’un espace identifié comme étant le sien.
Énurésie : quand faut-il consulter4 ?
Une consultation sans urgence est nécessaire si :
l’énurésie ne guérit pas grâce aux mesures hygiéno-diététiques appliquées pendant plusieurs semaines ;
votre enfant continue à faire pipi au lit après 6 ans ;
il se met à faire pipi au lit après une période de 6 mois sans énurésie ;
votre enfant a des troubles digestifs associés : constipation, « caca dans sa culotte » ;
votre enfant ronfle la nuit, a un sommeil agité et fait des pauses respiratoires ;
il vous paraît triste, replié sur lui-même ou en souffrance psychologique ;
en plus de l’énurésie, votre enfant souffre d’hyperactivité ou de trouble de l’attention, problème présent chez 10 % des enfants énurétiques ;
l’énurésie de votre enfant perturbe la vie familiale ou sa vie sociale.
Énurésie : quelle prise en charge ?
Si votre enfant fait pipi au lit, le médecin procède à un examen clinique pour s’assurer de l’absence d’anomalies et prescrit des mesures hygiéno-diététiques. Si l’énurésie persiste, il peut s’appuyer sur la prise de médicaments, sur l’utilisation d’une alarme sonore, voire un accompagnement psychothérapeutique5.
Bon à savoir
Il existe deux types de médicaments habituellement utilisés dans le traitement de l'énurésie de l'enfant :
la desmopressine, une hormone diminuant fortement la production d’urine pendant la nuit (hormone antidiurétique).
l’oxybutinine qui diminue les contractions de la vessie et la production d’urine nocturne.
Ces médicaments ne guérissent pas le problème, mais peuvent contribuer à amorcer le processus d’acquisition de la propreté. L’utilisation de médicaments sans avis médical est fortement déconseillée2.
Zoom sur le traitement de l’énurésie par les alarmes5
Il s’agit d’une méthode dite « de conditionnement » qui utilise la conduction électrique de l’urine. Le procédé est simple et sans risque. Un capteur d’humidité (bandelette de tissu) placé dans le slip de l’enfant est relié à un boîtier. Si l’enfant fait pipi au lit, la sonnerie retentit. L’enfant doit alors couper la sonnerie, aller uriner aux toilettes et réinstaller l’appareil pour le restant de la nuit. Ce traitement peut être difficilement accepté par l’enfant et sa famille en raison de la contrainte temporaire d’un à plusieurs réveils nocturnes pendant plusieurs semaines.
La psychothérapie en cas d’énurésie5
Un soutien psychologique, une thérapie comportementale et cognitive, etc. sont proposés à votre enfant s’il souffre des conséquences du « pipi au lit » au quotidien, présente une perte d’estime de soi, des difficultés psychologiques ou des troubles associés de l’attention et d’hyperactivité.
Vrai ou faux ?
L’énurésie a des répercussions qui vont au-delà des nuits.
VRAI : Elle peut engendrer de l’anxiété, une baisse de l’estime de soi, et affecter les interactions sociales de l’enfant. C’est pourquoi il est essentiel de comprendre que ce n’est pas simplement un problème de propreté, mais un véritable trouble médical nécessitant une attention particulière pour réduire ses impacts émotionnels et sociaux1.
Pipi au lit : ils le font exprès
FAUX : La plupart du temps, il faut vous persuader, en tant que parents, que ce n’est ni un manque de volonté ni de la fainéantise de la part de votre enfant. Rassurez-le et expliquez-lui bien que ce n’est pas sa faute. Les enfants ont souvent honte, ne veulent pas parler de « leur problème », même à leur meilleur ami ou au médecin… Et pourtant, des solutions existent1.
L'essentiel à retenir
L’énurésie, aussi appelée « pipi au lit », désigne une miction répétée, involontaire, incontrôlable, inconsciente et le plus souvent nocturne. Elle survient chez des enfants à un âge où le contrôle des sphincters est acquis, c’est-à-dire après l’âge de cinq ans. C’est un trouble du contrôle de la vessie qui, par ailleurs, fonctionne normalement. L’enfant urine, pendant son sommeil, complètement (il vide complètement sa vessie) sans être réveillé par le besoin et donc sans s’en rendre compte. Dans la journée, il urine normalement.
Constipation et pipi au lit sont souvent associés. La constipation est fréquente en cas d’énurésie.
Lorsqu’elle n’est pas corrigée, elle s’associe souvent à un échec du traitement de l’énurésie.
Pendant trop longtemps, nous avons pensé que la cause principale de l’énurésie était d’ordre psychologique, comme le refus de grandir, par exemple. Il n’en est rien et bien souvent un interrogatoire bien conduit permettra d’identifier une des causes précédemment évoquées. Toutefois il est vrai qu’un problème à l’école, à la maison, un stress psychologique important, et tout particulièrement des violences sexuelles, peuvent agir sur l’inconscient et s’exprimer pendant le sommeil. Il s’agit alors souvent d’énurésie secondaire qu’il est bien sûr important de prendre en charge.