Mieux dans mon assiette avec le cancer
            

Les difficultés de mastication et de déglutition

Les traitements peuvent avoir un impact sur les muqueuses et la production de salive.

Visuel d'une bouche tricotée et fermée

Les traitements peuvent avoir un impact sur les muqueuses et la production de salive.

Les tumeurs O.R.L. peuvent provoquer des douleurs qui engendrent des difficultés de mastication et de déglutition. De même, la radiothérapie ciblée entre le cou et la tête peut entraîner une diminution de la production de salive. La réduction de salive augmente les difficultés à avaler les aliments. Le risque « d’avaler de travers » est alors plus élevé : c’est ce qu’on appelle la fausse route. Stimuler la production de salive permet d’éviter ces phénomènes. Le goût, la texture ou la température des aliments aident à pallier la perte progressive de production de salive.

Visuel d'une assiette avec un point d'exclamation dedans

67% des patients préfèrent des aliments mixés ou hachés plus faciles à mâcher et à avaler.1

Les conseils du nutritionniste : trucs et astuces

N’utilisez pas de liquides pour vous aider à avaler des aliments solides. Les différences de textures augmentent le risque de fausse route lors de la déglutition.

Le gaz de l’eau gazeuse facilite le processus de déglutition et crée les conditions favorables à la digestion. Certaines eaux peuvent être trop riches en sels minéraux. Elles doivent être diversifiées et limitées, afin d’éviter des carences ou des excès de certains composants comme le fer. Privilégiez plutôt les eaux gazeuses maison.

La température de la nourriture joue un rôle dans le contrôle de la déglutition. Les aliments chauds ou glacés sont plus facilement identifiés et donc plus facilement avalés que les aliments tièdes.

Rehaussez les saveurs sucrées ou salées de vos plats afin de faciliter la reconnaissance en bouche et stimuler la production de salive. Découvrez les saveurs acidulées induites par le jus de citron, le vinaigre ou les épices. Elles facilitent la reconnaissance en bouche et la déglutition. Si vous souffrez d’aphtes ou de mucites, référez-vous au chapitre dédié.

Préférez les textures lisses et uniformes comme les flans et choisissez des mets onctueux comme les potages, les veloutés ou autres soupes. Les fromages blancs et les aliments réduits en purée offrent une texture également adaptée. Optez pour des aliments de consistance épaisse. Ces aliments restent compacts dans la bouche.

Évitez les aliments secs ou pouvant se déliter en petits morceaux, comme le maïs, la semoule ou le riz. Limitez les biscottes et biscuits ainsi que tous les aliments qui s’émiettent ou se décomposent dans la bouche. Vous pouvez cependant les tremper afin de limiter ce phénomène.

Évitez les liquides, boissons, préparations ou desserts trop fluides qui, en arrivant trop vite dans la gorge, risquent de provoquer des fausses routes. Choisissez des boissons épaisses comme les nectars de fruits. Il existe des poudres épaississantes ou des feuilles de gélatine que vous trouverez en pharmacie et que vous mélangerez à vos boissons jusqu’à obtenir la consistance d’un sirop épais. Afin d’augmenter la densité de vos plats et de les rendre plus onctueux, vous pouvez utiliser de la crème ou du fromage blanc.

Du foie, viande rouge très tendre, œufs et fromage blanc
Michel
Le commentaire du médecin nutritionniste :
Conservez les apports de protéines en rendant celle-ci plus malléables.
Des mois de soupes et de bouillon pour moi
Abelinha
Le commentaire du médecin nutritionniste :
Attention durant les périodes difficiles ou la nourriture peut-être mixée ou sélectionnée en fonction de sa texture, ne pas oublier d'enrichir les préparations avec : lait, crème, poudre d'amande... afin d'éviter la dénutrition.
Bonjour, des soupes enrichies, que je mange à la paille. On mange plus et ça évite de laisser les aliments dans la bouche sans pouvoir avaler.
Véronique
Le commentaire du médecin nutritionniste :
En cas de troubles de déglutition, mixer les aliments. Préférez les préparations froides. Utilisez des pailles. Les smoothies sont des préparations qui permettent de concilier la richesse alimentaire et la texture.
Bien mixer les aliments en purée: légumes, protéines et féculents, œufs brouillés ou à la coque, en alternance avec les potages pour éviter la dénutrition. Passer les jus de fruits et légumes à la centrifugeuse, très revitalisants comme carotte, brocolis et jus de citron, plus tous les autres légumes de saison.
Christiane
Le commentaire du médecin nutritionniste :
Cherchez de nouvelles recettes permettant d'associer goûts et texture. Ex : coulis de mangue à la place du fruit, smoothie d'avocat à la place de l'avocat...
Pour ce qui est de la nutrition… J’ai pris des petits bocaux que j’ai remplis… Amandes, baies de goji, fruits sec, bananes, abricots, pruneaux, noix de cajou… Que je grignote en fonction de mes envies…
Véronique
Le commentaire du médecin nutritionniste :
Attention toutefois, ces aliments doivent rester complémentaires aux familles : légumes, fruits, viandes, oeufs, poissons, féculents, légumineuses, produit laitiers. L'apport excessif de fruits secs peut inhiber l'appétit et provoquer des perturbations dans le rythme alimentaire.
Petite recette vite faite et que je mange avec plaisir… Moi je mets du roquefort mais vous pouvez mettre un fromage de votre choix. Faire une fondue de poireaux. Vous pouvez mettre des épinards, des champignons… des tomates… au choix. Donc pour moi fondue de poireaux que je mets au fond d’un ramequin. J’ajoute 1 cuillère de crème fraîche. Cassez délicatement 1 oeuf. Ajoutez des miettes de roquefort. Salez léger, poivrez, ajoutez de la ciboulette ciselée.Placez le ramequin dans un plat au four. Les oeufs doivent être moelleux.Servez avec des mouillettes de pain.
Véronique
Le commentaire du médecin nutritionniste :
Ceci est un exemple de recette qui permet d'associer les familles alimentaires. Durant la période de la maladie essayer de redécouvrir le plaisir de cuisiner. La créativité culinaire et la conservation des relations sociales favorise l'optimisation alimentaire.
Jours post chimio : des yaourts et des aliments froids faciles à manger et à préparer sans trop d’odeurs. Puis des plats enrichis à base de crème fraîche, sauce blanche béchamel, plusieurs petits repas. 1 semaine après chimio et la semaine avant la chimio, des plats plus légers car mon poids était stable. Mais dans tous les cas uniquement ce que j’avais envie. Se faire plaisir est le plus important
Emilie
Le commentaire du médecin nutritionniste :
Chercher à adapter le rythme de ses repas et leur composition sur ses envies et plaisirs. Veiller à s'hydrater et diversifier les familles alimentaires mais aussi les aliments au sein d'une même famille.
Beaucoup de légumes avec plein d’assaissonement; herbes mélangées et tout ça cuit à l’huile d’olive, pas de beurre cuit.
Gigi
Le commentaire du médecin nutritionniste :
Limiter cependant les graisses cuites. Favoriser une alimentation riche en goût.
Pendant ma chimio, je mange quand je veux en petite quantité, je mange n’importe quoi, en rajoutant gruyère, crème fraîche, gâteau apéro, chips….j’ai suivi les conseils de la diététicienne : sur 8 kg perdus, j’en ai repris 5
Claudie
Le commentaire du médecin nutritionniste :
En cas de dénutrition ou de perte d'énergie, ne pas hésiter à rajouter des fromages ou de la crème dans les préparations alimentaires. Privilégier aussi les amandes et les noix sous toutes ses formes
Pendant mon traitement pour garder un bon état nutritionnel, j’essaie de privilégier les salades, les repas froids de préférence ou tièdes car les repas chauds me font vomir. Ensuite en cas de nausées, je mange essentiellement de la compote de pommes ou des petits morceaux de fruit.Surtout j’essaie de garder une activité physique, je marche, enfin du moins, j’essaie de marcher quotidiennement
Estelle
Le commentaire du médecin nutritionniste :
D'une façon générale les prises fractionnées de repas froids sont plus acceptables. L'activité physique adaptée même limitée, est recommandée afin de favoriser l'appétit, diminuer les douleurs et favoriser l'ouverture sociale. Ne pas hésiter à demander des programmes proposés dans les centres d'oncologie.

Sources
1 -  Enquête réalisée par LaSalle Beauvais portant sur 160 patients de l’Hôpital de Beauvais traités pour un cancer, dont un volet réalisé sur 43 patients porte spécifiquement sur les comportements et motivations des patients vis-à-vis des produits laitiers, leur consommation et leur usage en cuisine - Octobre 2013.

PO-03115-04/25