Publié le 20 avril 2021
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 Qu’est-ce que le Selfcare ?

Le selfcare est un comportement qui consiste à la prise en charge et à la gestion de sa santé et de son bien-être par l’individu lui-même [1] . Les produits utilisés à cette fin sont non prescrits, non remboursés, conseillés et vendus exclusivement par le pharmacien d’officine.[1]

On distingue 3 catégories de produits associés au selfcare : les médicaments d’automédication, les dispositifs médicaux et les compléments alimentaires, on les appelle des produits de premier recours. [1,2]

Qu’est-ce que l’automédication ?

L’automédication est une composante du selfcare. [1] Selon l’OMS, il s’agit d’un comportement qui consiste pour les individus à soigner leurs maladies grâce à des médicaments autorisés, accessibles sans ordonnance, sûrs et efficaces dans les conditions d’utilisations indiquées avec le conseil du pharmacien. [1]

Ces médicaments sont répartis en deux catégories[2]  :

  • Les médicaments à prescription facultative remboursable dont les prix sont fixés et administrés par les autorités de santé. [2] Ces produits sont remboursés lorsqu’ils font l’objet d’une prescription[2]  mais peuvent être délivrés par le pharmacien sur simple demande du patient. Dans ce cas ils ne sont pas remboursés.
  • Les médicaments de prescription médicale facultative non remboursables (OTC) dont les prix sont libres.[2]

L’automédication s’effectue sur la propre initiative du patient et donc sans avis médical notamment sans l’avis du pharmacien. [3]

Elle peut être le fait :

  • d’acheter un médicament sans ordonnance en pharmacie et de se l’auto-administrer ; [3]
  • de consommer un « ancien médicament » présent dans la pharmacie domestique. [3]

La prise d’un médicament restant d’un ancien traitement prescrit par le médecin et pris sans avis médical relève également de l’automédication. [3]

Qu’est-ce qu’un médicament en accès direct ?

Le terme médication officinale désigne les médicaments destinés à traiter des symptômes courants et bénins, pour une durée limitée, sans l’intervention du médecin, avec l’aide du pharmacien. Ils sont disponibles en accès direct, dans un espace spécialement réservé uniquement dans les pharmacies.

Ces médicaments sont également appelés « de médication officinale ». [3] La liste de ces médicaments est définie par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament, (ANSM). Leur choix est effectué selon des critères stricts afin d’assurer la sécurité sanitaire des patients [4] :

  • Leur usage :  du fait de leurs indications thérapeutiques, ils peuvent être utilisés sans intervention d’un médecin pour le diagnostic, l’initiation ou la surveillance d’un traitement ; [4] 
  • Ils présentent une posologie, une durée prévue de traitement et une notice adaptées ; [4]
  • Leur conditionnement correspond à la posologie et à la durée prévue de traitement ;[4]
  • Leur mode d’administration : leur forme doit permettre une administration facile. Les médicaments injectables, par exemple, ne peuvent pas être disponibles en accès libre. [3]

Ces médicaments permettent aussi bien de réaliser des traitements allopathiques (médicaments de médecine conventionnelle), phytothérapiques (à base de plantes), ou homéopathiques. Lors de l’achat, le pharmacien apporte des conseils sur la posologie, la durée du traitement, etc. qu’il est important de suivre.[3]

Certains médicaments, en revanche, ne sont pas éligibles à l’accès direct pour des questions de sécurité. Il s’agit en particulier :[4]

  • des médicaments présentant des contre-indications majeures ou un risque important d’interactions médicamenteuses ; [4] 
  • des médicaments destinés à la population pédiatrique, dont le niveau de sécurité ne serait pas suffisant pour une utilisation en automédication. [4] 

Quels sont les avantages de l’automédication ?[3]

Quand elle est pertinente, l’automédication peut faire disparaître rapidement les symptômes déjà connus d’une maladie bénigne. Cela permet d’éviter que la gêne présente ne s’installe dans la durée et entraine d’éventuelles complications. Il faut cependant être certain de son propre diagnostic.

Quels sont les risques associés à l’automédication ?[3]

Prendre un médicament sans avis médical est à envisager avec prudence. En effet, l’automédication comporte des risques qui peuvent être liés à la personne (présence d’une allergie exposant à un risque de survenue d’effet indésirable), à la maladie ou aux symptômes que l’on souhaite traiter ou encore au médicament en lui-même. L’erreur de diagnostic entraîne la prise d’un traitement inutile, donc inefficace, et laisse dans le même temps, évoluer la vraie maladie. Ces mauvaises utilisations peuvent entraîner des situations à risque qui peuvent aller d’une simple absence d’efficacité sur les symptômes en cours à un surdosage toxique. En outre, dans le cas d’une maladie chronique associée à la prise d’un ou plusieurs traitements au long cours, la prise d’un médicament sans avis médical ou conseil du pharmacien, expose au risque d’interactions médicamenteuses avec ces traitements. Il peut diminuer l’effet de certains médicaments, mais aussi en augmenter la toxicité provoquant ainsi des effets indésirables.[3]

A titre d’exemple, on mentionnera la perturbation de la glycémie chez les personnes diabétiques par la prise d’un médicament en automédication. Un autre exemple est celui des médicaments effervescents qu’il est préférable d’éviter chez les personnes souffrant d’hypertension artérielle ou d’une insuffisance cardiaque car ils contiennent beaucoup de sel et peuvent aggraver la maladie.[3]

 

Quelles sont les bonnes attitudes à adopter ?[3]

Voici quelques conseils pour une automédication pertinente et responsable :

  • n’acheter uniquement que les médicaments en vente libre en pharmacie ;
  • demander conseil à son pharmacien ;
  • être certain du diagnostic ;
  • s’assurer de ne pas avoir de facteurs de risque vis-à-vis de la prise du médicament ;
  • de n’en prendre qu’un médicament à la fois ;
  • ne pas cumuler le médicament d’automédication avec d’autres traitements ;
  • de respecter les doses, les moments de prises et la durée de traitement décrits dans la notice ;
  • consulter systématiquement toutes les rubriques de la notice et de la conserver dans la boite du médicament ;
  • signaler tout effet indésirable à l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) ou auprès de son pharmacien ou de son médecin traitant ;
  • s’assurer que les symptômes disparaissent avant la durée maximale du traitement ;
  • si les symptômes s’aggravent, se modifient ou ne disparaissent pas avant la durée maximale du traitement, consulter son médecin traitant.

 

PO 8497 – 12/2020

 

 

Sources :

[1] 17ème Baromètre AFIPA 2018 DES PRODUITS DU SELFCARE – Synthèse des résultats – Février 2019

[2] Baromètre Afipa 2020 des produits de premier recours – Synthèse des résultats – Février 2021 

[3]   Ameli.fr se soigner seul avec l’automédication – Janvier 2021. Disponible sur https://www.ameli.fr/hauts-de-seine/assure/sante/medicaments/utiliser-medicaments/automedication. Date de consultation le 02.03.21

[4]Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé. Les médicaments en accès direct. Disponible sur https://www.ansm.sante.fr/Dossiers/Medicaments-en-acces-direct/Medicaments-en-acces-direct/(offset)/0. Date de consultation le 02.03.21


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